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Laventure
a commencé en 1978, quand Mohammed Benaïssa, encouragé
et aidé par des potentialités de la ville, avait lancé
une opération de propreté. Onze artistes-peintres avaient
alors pris part à lévénement. Les murs de la
ville se sont parés de dessins et de grandes fresques colorées.
Des jardins multicolores sont apparus sur les murs blancs dAsilah.
Au fil des années, les empreintes des multiples passages plastiques
se sont asséchées, décolorées, avant de céder
la place à de nouveles uvres, fruits de lingéniosité
dautres artistes-peintres, venus en grand nombre signer le
livre blanc de la ville. À lhonneur de la paix, qui
règne au sein des ruelles de cette ville séculaire.
Asilah, en effet, résiste depuis plus de cinq siècle, aux
influences du temps. Ici, comme pour bon nombre de villes maritimes, le
minéral règne en maître. Le dur et le liquide se livrent
une petite bataille secrète qui façonne le caractère
et la beauté de la ville atlantique.
La valse estivale des artistes-peintres continue depuis et avec elle,
les fresques murales apparaissent et disparaissent, cédant la place
à de nouvelles créations éphémères.
Tel un champ floral, ces compositions surgissent, sépanouissent,
se fanent, se ternissent et seffacent sous leffet de lérosion.
En laissant derrière elles des traces de vies.
Chaque année, durant la période, létranger
ou lhabitant retrouve avec bonheur les ateliers en plein air et
accompagne pas à pas laccomplissement des multiples dessins
qui égaient la ville : les rebords des fenêtres, la profondeur
des portes, la perpétuelle lutte entre le blanc de la chaux et
les couleurs suavement appliquées sur les murets.
Réflexion
Par la suite,
les rencontres se sont perpétuées autour de lart,
dans le cadre très attrayant du festival dAsilah. Chaque
année, durant le mois daoût, la ville est prise dassaut,
en plus des festivaliers, par des centaines dartistes venus prendre
part aux différentes activités artistiques du festival.
Des intellectuels, des peintres, des chercheurs, des musiciens, des comédiens
tous participent activement à un véritable bal artistique.
Au centre de ces rencontres, la réflexion et la création
dans toutes ses formes.
Lédition 2002 reconduit le concept initial qui a marqué
les précédentes années, avec une attention particulière
à la diversification du programme et à son ouverture sur
de nouveaux sujets de débats, toujours dactualités,
et de nouvelles formes de la création : la littérature,
la peinture, le théâtre et la musique.
Cette année, le Moussem culturel d'Asilah est organisé du
26 juillet au 18 août. Lédition 2002 sera marquée
par deux grands événements ; la 17-ème université
dété Al Mouatamid Ibn Abbad et la 7e édition
du Forum culturel arabo-africain.
Les activités du festival ont été ouvertes par l'exécution
de fresques murales le dimanche 27 juillet 2002 et par l'ouverture des
ateliers d'art (sculpture, gravure et peinture pour enfants) qui devront
être marqués par le vernissage d'une grande exposition de
peinture le vendredi 2 août.
Lactuelle édition, accueillant près de 300 participants,
prévoit aussi des expositions et des concerts animées par
des artistes du Maroc, d'Irak, d'Autriche, du Venezuela, de l'Equateur
et de Russie. L'autre particularité du festival, la création
dans le cadre du Forum Arabo-africain, d'un prix littéraire pour
le roman arabe, baptisé du nom du grand romancier marocain, feu
Mohamed Zaf-zaf, qui sera décerné le 15 août prochain.
Création
Par ailleurs,
et dans le cadre de l'Université Al Mouatamid Ibn Abbad, les débats
seront rehaussés par la participation du Secrétaire général
de la Ligue arabe, Amr Moussa, le 10 août, dans un débat
intitulé La coopération euro-arabe: enjeux et contraintes".
Parmi les autres débats prévus dans le cadre de cette université
estivale, on note: l'Amérique et le monde: quelle Amérique
et quel monde?" (3-5 août) La place de la romancière
arabe dans le paysage romanesque arabe" (7-8 août) Ciné
et télévision dans le monde arabe: concurrence ou complémentarité
? (12-14 août) L'art du roman au Maroc: cas de Mohamed Choukri".
Asilah doit toutes ces activités, comme dans le cas de la ville
dEssaouira, à des initiatives locales et surtout à
un personnage clé : Mohammed Benaissa. Lex-ambassadeur du
Maroc aux USA et actuel ministre des Affaires étrangères
aime sa ville et le prouve depuis de longues décennies. Le festival
dAsilah est une tradition initiée par ce fin diplomate, qui
a veillé tout au long des années passées à
la réussite et la pérennité de cette action culturelle.
Il en fait, en plus dune plate-forme de rencontres entre artistes
et intellectuels, un lieu de débats orientés vers des questions
cruciales touchant en général les relations entre le Maroc
et le reste du monde, et en particulier les échanges entre notre
pays et les USA.
Fondation
La création
dun institut d'études américaines à Asilah
est une idée ingénieuse, vu le tournant quont pris
les événements après le fameux 11 septembre. Plus
que jamais, le monde arabe a besoin de comprendre les Américains
et ces derniers ont tout à gagner à tirer au clair limage
de larabe et du musulman, associée à tort et à
travers à lintégrisme qui sévit ces temps-ci
un peu partout dans le monde. Lidée avait jailli lors dun
colloque, il y a trois ans, et feu Hassan II avait donné son accord.
Le projet est devenu une belle réalité au service du dialogue
avec le pays de loncle Sam et de la compréhension du système
américain, ses institutions et ses structures.
Le financement de cet institut, ainsi que de toutes les autres activités
du festival est assuré par la Fondation du forum dAsilah.
Cette Fondation a pour mission danimer lactivité culturelle
au sein de la ville pendant toute lannée et assurer au festival
les moyens de ses ambitions. De la sorte, le festival dAsilah sortira
de limprovisation qui a caractérisé ses activités
et contribuera à linstallation dune assise financière
solide qui palliera les surprises qui peuvent entraver le bon déroulement
de ses activités. Cette initiative a en effet l'avantage
de mettre une fois pour toutes des biens à la disposition de la
Fondation pour financer ses projets et activités. On ne va plus
faire du porte-à-porte comme ça a été le cas
jusqu'ici, afin de collecter de l'argent en faisant appel à la
générosité des gens et des sponsors. Un travail que
j'ai fait pendant 20 ans et qui devient de plus en plus pénible,
expliquait à MHI Mohammed Benaïssa.
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