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Haj Thami
ne dort plus depuis que ses voisins ont décidé de vendre
leur maison. Dans ce quartier populeux de la médina de Marrakech,
les riads se font de plus en plus rares.
Cest pour cela que les étrangers se rabattent sur des maisons
plus modestes. Ce qui dérange Haj Thami, ce sont les déboires
des habitants avec cette invasion étrangère qui bouleverse
les us et coutumes de la population locale.
La pression est telle que de nombreux résidents nont pas
hésité à saisir la justice dans ce sens. Pour les
uns, il sagit de défendre lauthenticité de leur
environnement socio-culturel. Cest le cas notamment de Haj Thami
qui semporte: les étrangers ne comprennent pas que
les Marocains restent extrêmement pudiques et conservateurs!.
Il rapporte que des dames à moitié nues se bronzent sur
des terrasses mitoyennes, des homos organisent des soirées douteuses
jusquà des heures impossibles dans les cours des riads. Sans
oublier que la plupart des riads qui sont rénovés ne respectent
pas lharmonie architecturale de la vieille médina.
Jet set
Au menu,
le riche Italien qui se permet de construire une piscine sur le toit du
riad en contradiction absolue avec la loi et les règles de sécurité,
le Français qui vous propose un week end de rêve dans un
palais des mille et une nuits.
Lupanar de luxe ou cabaret oriental, de nombreux riads transformés
en maisons dhôte cachent en fait un commerce de la chair particulièrement
juteux réservé à la jet set étrangère.
Dans le dédale des ruelles de Sidi Youssef Ben Ali, les boutiquiers
regardent dun air triste les maisons traditionnelles qui changent
de propriétaires en un tour de main.
La plupart ne se donnent même pas la peine de comprendre la culture
et lesprit de la médina quand ils ne font pas exprès
de piétiner les sensibilités locales par un train de vie
qui correspond à une véritable insulte à la misère
des petites gens qui habitent la médina. Ce rush sur les riads
de Marrakech, sil enrichit certains, napporte pas grand-chose
à la ville. Au contraire, les incidents de plus en plus nombreux
entre les résidents locaux et ces nouveaux immigrés prouvent
que le phénomène commence à connaître ses limites.
Incidents
Les spéculateurs,
qui sarrachent ces riads dont les prix ont été multipliés
par dix en lespace de cinq ans, fournissent à la clé
un service après-vente qui va du suivi juridique à la mise
à disposition dautorisations diverses.
Ce qui fait une pression terrible sur les quelques 40 000 riads et maisons
traditionnelles qui ont été recensées dans le centre
de la ville ocre qui a été classée patrimoine de
lhumanité par lUnesco en 1987.
La vague a commencé à partir des années 80 quand
les Marrakchis de souche ont commencé à émigrer vers
Casablanca ou tout simplement vers des quartiers plus confortables et
moins exposés à lusure du temps.
Du côté des pouvoirs publics, le mot devises
est le sésame qui ouvre toutes les portes. On se cache derrière
ce prétexte pour finaliser la loi sur les maisons dhôte.
Et largumentation de lassociation des maisons dhôte
de Marrakech et du Sud, créée dans la précipitation
il y a juste quelques mois de cela, ne tient pas la route.
La journée portes ouvertes organisée par la dite association
les 29 et 30 juin 2002 na pas permis à la presse davoir
de plus amples informations.
Tout ce quon a appris cest que les maisons dhôte
représentent un apport intéressant en devises et un coup
de pouce appréciable au tourisme.
Le président de la communauté urbaine est monté au
front pour expliquer que lalarmisme de certains articles de presse
est disproportionné avec la réalité.
Il rappelle ainsi que sur les 40.000 maisons recensées à
Marrakech Médina, seules 406 sont détenues par des non marocains,
soit 1 %.
Démêlés
Il ajoute
que les maisons dhôte sont au nombre de 126.
Pourtant, si la pierre est un placement favori, il y a une réalité
quon ne peut occulter; à petites mises de fonds, gros rendement:
pour poser la première pierre sans se tromper, les spéculateurs
de tout poil ne sembarrassent guère de considérations
morales. Les démêlés des autochtones avec les acquéreurs
étrangers sont aussi une réalité.
Quant à lhistoire des devises, cest du pipeau dans
la mesure où les raids transformés en maisons dhôte
ne payent pas un rond au trésor puisque, jusquà présent,
cette catégorie nest pas assujettie à limpôt.
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La formule
nest pas neuve mais le procédé, lui, a connu une évolution
notable. Au Maroc, on trouve de plus en plus de villes où il est
possible de loger dans des maisons dhôtes. Marrakech, Essaouira,
Tétouan, Fès, la formule peut avoir des appellations diverses
mais elle consiste pour lessentiel à offrir un hébergement,
plus familial, dans le cadre chaleureux dune maison privée
acceptant de recevoir des hôtes payants. Selon les pays cette maison
dhôte peut prendre des noms différents, Ryad au Maroc,
Gite du passant" au Québec, Minshuku" au
Japon,.
Selon les législations propres à chaque pays, la maison
privée peut offrir plus ou moins de chambres. La salle de bains
peut être privée ou commune. Le petit-déjeuner et
les repas se prennent en général avec les propriétaires.
Catégories
Au Maroc,
le projet de réglementation des maisons dhôte peine
à être appliqué. Le projet de décret du 1 juillet
1999 Modifiant et complétant le décret n° 2.81.471 du
16 février 1982 instituant un classement des établissements
touristiques consacre un chapitre important aux maisons dhôtes:
Ce décret stipule notamment que la maison dhôtes
est un établissement commercial, édifié sous forme
dune ancienne demeure, dun riad, dun palais, dune
kasbah ou dune villa et situé soit en médina, soit
dans des itinéraires touristiques ou dans des sites de haute valeur
touristique". Ce décret opère notamment un classement
précis de la catégorie des maisons dhôte qui
seront désormais classées en maisons dhôte ,
première et seconde catégorie avec des spécifications
précises. Les maisons dhôte classées 1ère
catégorie" doivent être des établissements caractérisés
soit par leur architecture marocaine traditionnelle, soit par leur décoration
et leur ameublement de style traditionnel marocain.
Les prestations et le confort doivent être de qualité supérieure.
Les chambres, suites et locaux communs doivent dénoter un aspect
luxueux sur les plans de laménagement et de léquipement.
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