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Monsieur
le Premier ministre, durant les quatre premiers mois de l'année
2002, les Marocains résidents à l'étranger (MRE)
auront transféré pour près de 10 milliards de dirhams
au Maroc, soit 46,5% de plus que la moyenne enregistrée au cours
de la même période durant les cinq dernières années!
C'est dire l'importance de leur contribution à l'économie
nationale. Or, nous apprenons que nous sommes sans explication aucune
privés de nos droits constitutionnels à savoir: voter, se
porter candidat ou tout simplement s'inscrire sur les listes électorales.
Votre politique incompréhensible, pour nous, laisse supposer que
vous nous considérez (nous les MRE) comme demi-citoyens, que ces
citoyens pourtant Marocains ne sont là que pour apporter un soutien
financier à l'État et qu'il ne faut en aucun cas les impliquer
dans l'administration du pays.
La politique marocaine en matière d'émigration déconcerte,
et l'imprécision qui la caractérise est toujours source
de quiproquos. Aucune réelle analyse stratégique n'a jamais
été esquissée avec les principaux acteurs: les émigrés
eux mêmes. L'ère des amicales avec leurs Chikhates est révolue,
démodée et ne trompe plus personne.
Discrimination
La réaction
normale et qui revient lancinante: Pourquoi cette communauté
est toujours mise à l'écart? Pourquoi n'est-elle pas représentée
dans la chambre parlementaire? Pourquoi n'avons-nous pas de ministère?
Une structure bien établie, bien carrée?.
Ne peut-on pas bénéficier d'un traitement identique à
celui des régions? Khmiss Zmamra, Tlat Sidi Bougadra ont leurs
députés qui les représentent et qui défendent
leurs intérêts.
Inès 5 ans, Mehdi 4 ans, mes propres enfants qui tous les ans envoient
une carte de vu au Roi d'Espagne pour lui demander la rétrocession
de nos deux villes, Ceuta et Melilla, ne peuvent pas être des citoyens
marocains tout simplement parce que je n'ai pas eu le temps de les déclarer
deux mois après leur naissance au consulat du Maroc.
Aujourd'hui, il faut qu'on passe en jugement au tribunal, au Maroc, pour
qu'ils soient sujets marocains, un non-sens hallucinant vu que je n'avais
pas le temps d'aller à Marseille. De ce fait ils sont français,
alors qu'ils ne renient pas la patrie de leur papa.
Mon cas est banal par rapport à toutes les tracasseries administratives
que vit la communauté marocaine. Imaginons un seul instant que
cette communauté se ressaisisse, qu'elle crée son propre
parti politique, ne sera-t-il pas le plus puissant du Maroc, avec sa propre
banque? On a des élites et on a de l'argent. Pur fantasme? Je suis
certain que vous avez vous-même la réponse. Toutes les Inès
et tous les Mehdi enverront-ils des devises plus tard? Combien de milliards
rapportera cette communauté en 2010 ? En 2015?
Je laisse le soin à nos économistes de se pencher sur la
question.
Une opération de séduction par-ci, par là ne suffit
plus, il est grand temps de nous intégrer, de nous impliquer, voir
de profiter de notre savoir pour l'intérêt du pays, faire
de nous des acteurs actifs, participatifs.
Tous les cas de vaches folles ont été détectés
sur des vaches laitières.
Nous priver du droit de voter c'est nous signifier que les citoyens vivants
au pays sont plus marocains que nous, je n'ose dire à mes enfants
qu'on veut bien de leurs devises, mais pas de leurs voix, ni de leur citoyenneté!
Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de
mes salutations distinguées.
Aichfakir Radouane
Citoyen Marocain
à part entière jusqu'au mois de Septembre.
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Il y a un
moment dans la vie où il faut faire le bon choix et ne pas se tromper
de canasson. J'ai l'impression que le dossier ZLE a été
trop vite monté sans même qu'on étudie les différents
scénarios possibles en cas de conflits commerciaux. Sans faire
de la sémantique sur ce qu'est un processus de négociation,
j'affirme, en connaissance de cause, que la culture américaine
veut que quand ils font un deal de 1 dollar avec quelqu'un, c'est qu'ils
sont sûr d'en gagner 100 fois plus. Vouloir faire du commerce avec
les américains équivaut à recevoir un beau matin
un gros tas de sable devant sa porte pour vous empêcher de sortir.
Les exemples de conflits commerciaux ne manquent pas au Canada et au Mexique
qui, eux aussi, ont une Zone de Libre Échange avec les États-Unis.
Pensez-vous que les États-uniens vont attendre sagement les bras
croisés que le marocain vienne chez pour lui revendre sa marchandise?
Précipitation
Eux aussi
ont d'énormes stocks à écouler comme du maïs
génétiquement modifiés, du bufs aux hormones,
du poulet à l'antibiotique et surtout le retraitement de leurs
déchets toxiques et nucléaires.
Les touristes ne se trompent quand ils viennent au Maroc car ils trouvent
dans notre pays une beauté sauvage, au sens noble du terme. Ils
apprécient nos modes de vie ainsi que nos fruits et nos légumes
totalement propre et sans trace de dioxine ou autre substance cancérigène.
Ne confondons pas vitesse et précipitation et avant de nous lancer
tête baissée dans le guidon, donnons-nous au moins une année
voir deux années de réflexion pour envisager tous les
scénarios-catastrophes possibles. Qui plus est, avant d'entreprendre
quoique ce soit, il serait sage d'attendre le krach boursier mondial qui
risque d'arriver d'ici peu, ne serait-ce que pour voir dans quel sens
va tourner le vent de l'économie.o
Mohamed Benallal
Montréal (Qc) Canada.
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