Congrès constitutif du parti de la Gauche Socialiste unifiée (GSU)
Les pieds sur terre

Quoi qu’il en soit, la création de la Gauche socialiste unifiée (GSU) constitue, en elle-même, un pas en avant vers la constitution du “grand pôle démocratique”, dont la GSU veut être à la fois la colonne vertébrale et le fer de lance.

Abdallah Ben Ali

 

Le “rêve” de l’unité de la gauche radicale est, finalement, une réalité. Au terme d’un congrès constitutif, organisé les 13,14 et 15 juillet à Casablanca, quatre composantes de l’extrême gauche marocaine, L’Organisation de l’Action démocratique et populaire (OADP), les Démocrates indépendants, le Mouvement pour la démocratie et Potentialités de Gauche ont fondu en une seule structure partisane. Baptisée la Gauche socialiste unifiée (GSU), la nouvelle formation politique, fruit d’un long processus unitaire engagé depuis deux ans, semble avoir un projet politique clair. La “déclaration politique”, rendue publique à l’issue du congrès, met en effet, l’accent sur deux idées centrales: l’urgence de la réforme constitutionnelle et le primat de la question sociale.
Le document traite également d’autres questions déterminantes pour le devenir de la communauté nationale: la question du Sahara et la réhabilitation du patrimoine amazigh.
Pour la première, la GSU, bien que plaidant pour une “gestion ouverte” du dossier, semble cautionner la solution politique proposée par l’État marocain et reprise à leur compte par le secrétaire général de l’ONU et son envoyé spécial pour la région. Quant à la seconde, le document recommande “la reconnaissance constitutionnelle (de l’ amazigh) en tant que langue nationale au côté de l’arabe et la sauvegarde des droits culturels et linguistiques de la composante amazighe”. Dans l’optique des dirigeants du nouveau parti, toutes les réformes économiques, sociales et culturelles indispensables au Maroc demeurent tributaires de “grandes réformes constitutionnelles et politiques”.

Urgence

C’est ce qu’ont affirmé, à tour de rôle, lors de la séance inaugurale du congrès, Mohamed Bensaïd, de la défunte OADP, Mohamed Moujahid des Démocrates indépendants, Omar Zaydi, du Mouvement pour la démocratie, et Ahmed Harzenni, de Potentialités de gauche.
Boudé par Annahj Eddimocrati (Voie démocratique), l’actuel processus unitaire serait, selon plusieurs sources, “rattrapé” par l’association Fidélité à la démocratie, issue d’une scission de l’USFP.
Quoi qu’il en soit, la création de la GSU constitue, en elle-même, un pas en avant vers la constitution du “grand pôle démocratique” au Maroc dont la GSU veut être à la fois la colonne vertébrale et le fer de lance. Il illustre, aussi, la réussite de la majorité des groupuscules de la nouvelle gauche marocaine, formée, à la fin des années 60, par une jeunesse marxiste révolutionnaire. Aujourd’hui, les divergences entre la “vieille gauche” et la nouvelle gauche ne sont plus ce qu’elles étaient dans les années 70, une opposition irréductible entre un socialisme réformiste et un marxisme-léninisme révolutionnaire.

Divergences

La discorde vient désormais uniquement du style et du tempérament. Le nouveau parti, qui va occuper la place de la défunte OADP au sein de la Koutla, prendra le soin, sans doute, de perpétuer le discours singulier et revendicatif du parti de Mohamed Ben Saïd.
D’autant que ce dernier a été élu, à l’unanimité, président, au rôle uniquement consultatif, de la nouvelle formation politique qui serait gérée par une direction collective -secrétariat général composé de dirigeants des quatre composantes de la GSU- sous le contrôle d’un comité central de 151 membres, majoritairement issus de l’OADP.


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