Redéploiement des flux migratoires marocains
Nouveaux caps

Abdelali Darif Alaoui

 

En 1998, 100 millions de personnes ne vivaient plus dans leurs pays d’origine, dont 88 millions de migrants. Parmi eux figurent aujourd’hui 2,5 voire 3 millions d’immigrés marocains.
La majeure partie de cette population vit en Europe. Ils sont plus de 800.000 en France, 250.000 en Espagne, 200.000 en Belgique, 300.000 en Algérie et 140.000 en Libye. Si la France a constitué la première destination du fait des liens culturels, cette suprématie semble en voie de régression en faveur d’autres nouvelles destinations. Le grand nombre de MRE installés actuellement en France s’explique encore aujourd’hui par le décuplement de cette population entre 1965 et 1985 grâce au regroupement familial.

Suprématie

C’est aussi vers le milieu des années 80 que les filières de l’immigration clandestine se sont développées. Actuellement, les Européens estiment à 500.000 le nombre de clandestins qui traversent chaque année leur territoire. Un chiffre qui peut laisser pantois et qui rend bien plus difficile la délimitation de la taille réelle de la communauté marocaine dans tel ou tel pays.
Malgré le durcissement des politiques migratoires, les flux continuent d'augmenter dans les pays européens et au Japon. À l'inverse, en Australie, au Canada, en Allemagne, en Suisse et aux États-Unis l'immigration tend à régresser. L'Allemagne et les États-Unis n'en demeurent pas moins les principaux pays de destination en chiffres absolus.
Autre fait marquant, la répartition des MRE en Europe a évolué au cours de ces quinze dernières années.
Si la France demeure la destination privilégiée des Maghrébins, les Marocains et les Tunisiens sont de plus en plus nombreux à s'installer en Italie, en Espagne et en Allemagne.
Ces nouvelles destinations sont également confortées par celles du Canada, surtout le Québec, et les Etats-Unis, organisateurs de la fameuse loterie Green card (carte verte). Toujours est-il que l’Europe demeure une région très attractive à cause de la proximité. Le vieux continent concentre près de 80 % de la diaspora marocaine, suivi par les Pays arabes (13,5 %) et par l’Amérique du Nord (5,5 %).
Malgré quelques changements, les immigrés marocains se tournent toujours vers l’Europe et les pays arabes. L’apparition de nouvelles destinations reste d’une portée marginale, actuellement, mais devrait se développer au cas où l’Europe verrouillerait ses frontières comme elle l’a clairement signifié lors de la réunion de Séville en juin dernier.

 

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