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Lorsque
la géographie est remise en question, c'est qu'on nest plus
sur le terrain du rationalisme politique. Et quand on doit prouver et
défendre la marocanité de villes, d'îles et d'îlots
situés sur l'espace géographiquement national, il y a de
quoi perdre ses quatre points cardinaux. C'est encore plus grave quand
les territoires litigieux se trouvent sur une ligne de séparation
entre deux continents, aussi nette que le Détroit. Le conflit autour
de l'îlot Leïla en est une parfaite illustration.
Sans remonter jusqu'à la mythologie grecque pour reprocher à
Hercule d'avoir séparé l'Afrique de l'Europe, l'îlot
qui nous a attiré les foudres guerrières de José
Maria Aznar, a une histoire à l'échelle humaine.
Tout a commencé avec la défaite marocaine à la bataille
d'Isly en 1844. Après de longues tergiversations diplomatiques,
le Maroc a dû signer un traité de pays vaincu forcément
désavantageux, le 26 avril 1860. Sur les territoires cédés
le long de la façade méditerranéenne du Maroc, aucune
mention n'est faite de l'îlot Leïla.
Des incursions espagnoles ont eu lieu, de temps à autre, auxquelles
le Sultan Moulay Hassan Premier s'est opposé régulièrement
et promptement. Documents historiques à l'appui, en particulier
les lettres sultaniennes adressées au Pacha de Tanger le 26/11/1887,
le 28/9/1888 et le 25/11/1892.
Diktat
Pendant
le Protectorat, imposé au Maroc en 1912, les autorités espagnoles
ont toujours fait la distinction entre les domaines de Sebta, considérés
comme espagnols, et le reste du territoire occupé. Même les
services du cadastre espagnol s'en sont tenus à cette forme de
distinction territoriale.
Au lendemain de l'indépendance, l'îlot Leïla a tout
naturellement fait partie des territoires libérés. Depuis,
il dépend du Caidat de Taghrant, cercle de Ibala.
L'effort diplomatique du Maroc indépendant ne s'est pas concentré
uniquement sur ce cailloux granitique et inhabité. Il a englobé
l'ensemble des parties intégrantes du pays, encore sous occupation
espagnole.
Dans une lettre adressée, sur instruction de feu Hassan II, le
26 janvier 1975, par l'ambassadeur-représentant permanent du Royaume
auprès de l'ONU, au Comité des 24, le Maroc devait inscrire
la question des présides" à l'ordre du jour des
Nations-Unis. On y lit, en particulier: Le Royaume reste l'un des
derniers pays africains à subir, sur certaines parties de son territoire,
la domination coloniale.
C'est ainsi qu'après avoir recouvré son indépendance
(libération des parties sous protectorats français et espagnol),
il est demeuré enserré par la domination espagnole sur ses
trois façades, ouest, sud, et nord.
Sur son flanc ouest, Ifni a été rétrocédé
au Maroc par l'Espagne, en janvier 1969, après des luttes armées
et des négociations.
Sur son flanc sud, la région du Sahara fait maintenant l'objet
de la résolution 3292 (XXIX) de l'Assemblé générale
des Nations-Unies, qui a décidé de soumettre la question
à l'avis consultatif de la Cour internationale de justice. Reste
le flanc nord, où l'Espagne perpétue son occupation sur
les présides".
Colonisation
De toute
la côte du continent africain sur la Méditerranée,
ces présides" demeurent les derniers vestiges de l'occupation
coloniale et comprennent: Sebta (Ceuta) Melilia (Melilla), l'ilôt
de Nekkour (Alhucemas), le Rocher de Badès (Vêlez) et les
îles Jaâfaryines (Zaffarines).
Ils constituent des enclaves à l'intérieur du territoire
marocain et leurs situation du point de vue historique, politique et juridique
est identique à celle de Gibraltar.
C'est ainsi que l'accord maroco-espagnol du 7 avril 1956, proclamant la
fin du régime du Protectorat, reconnaît l'indépendance
du Maroc sur la base de son unité nationale et son intégrité
territoriale.
Sur lensemble du contentieux territorial avec lEspagne, et
sur Sebta et Mellilia en particulier, feu Hassan II avait proposé
et même réussi à faire accepter par le gouvernement
espagnol, la création dune cellule conjointe de réflexion.
Il sagissait de trouver la meilleure formule pour dépasser
une situation anachronique. Avec José Maria Aznar, on est loin
de cet état desprit fondé sur la concertation, les
intérêts mutuels et le bon voisinage.
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