Casablanca by night
Les tables casablancaises

Les seigneurs de la nuit ont désormais où sortir. Fini le temps où il fallait se frotter à d'autres “tribus” dans l'enfer des boîtes et des pubs trop branchés. Aujourd’hui, Casablanca abonde en restaurants chic. Coups de cœur.

Mahjoub Haguig

 

 

Il est 20h. Le jeune couple s’apprête à quitter la maison pour rejoindre un groupe d’amis. Rendez-vous fut pris au restaurant “Positano”, près du nouveau consulat de la Belgique, boulevard Moulay Youssef. La décoration des lieux est fascinante, la lumière intimiste. Sur fond de musique douce, les clients dégustent les mets de Flavio, chef cuisinier, qui a conçu la décoration des lieux et qui veille à la satisfaction des plus gourmets de ses clients. Au menu, une carte culinaire internationale enrichie de spécialités italiennes. Plus tard, trois guitaristes plongent les lieux dans une ambiance purement ibérique. La voix chaude du chanteur fait vibrer les corps. Les clients sont fascinés.

Raffinement

Une nuit de plus, comme celles qu’on coule un peu partout dans les coins banchés de Casablanca. “Les restaurants à Casablanca donnent l’impression de se ressembler, mais chacun garde jalousement son empreinte”. Paroles d’un gourmet casablancais.
L’engouement pour les sorties entre amis et familles a vite remplacé les réceptions “at home”. On préfère de plus en plus se retrouver entre copains dans un cadre agréable, raffiné et de préférence apprécié par tous. Forts de ce constat, les proprios ont mis le paquet. Chacun d’eux a tenu à apporter une griffe originale et, de préférence, internationale aussi bien au niveau de la décoration, de l’animation que de la gastronomie.
Changement de décor. Au “Paladium”, restaurant-bar sis boulevard Zerktouni, l’innovation est synonyme d'alliance du concept bar et restaurant. Attention, les lieux sont trop sélect. Arrangez-vous pour vous mettre sur votre 31 au risque de vous confronter à l’humeur désagréable du gardien du temple et à sa fameuse phrase: “Il faut réserver”.
Une fois à l’intérieur, la magie du décor vous envoûte. Le bar est tout simplement attachant. Vous pouvez vous y installer et consommer. Autrement, vous vous retirez plus au fond et dégustez des plats variés, supervisé par un excellent chef cuisinier. Le lieu est discrètement brassé. Des jeunes aux carrures bien dressées, capables de s’offrir le luxe de dîner plusieurs fois par semaine. Des teufeurs chic mieux habillés que les teufeurs choc qui colonisent la nuit casablancaise.
Ces seigneurs de la nuit peuvent également trouver refuge ailleurs. Casablanca leur offre une panoplie de restaurants adaptés à tous les budgets. Contre toute apparence, la nuit mouvementée de la ville offre des abris plus calmes, où il fait beau s’amuser, tout en discutant des tracas de la journée, des projets de vacances…

Décontraction

Juste à côté, à quelques mètres du Paladium, “Ozen”, restaurant euro-asiatique, donne la réplique avec un concept fort original. Le cadre est agréable et l’ambiance davantage intimiste. Les lieux sont destinés à une clientèle féminine, mais n’empêche, vous pouvez accompagner vos femmes et vos amies dans un restaurant qui se veut avant tout un lieu de paix et de détente. Les couleurs (crème, bordeaux), le design du mobilier sont autant d’atouts qui vous déconnectent du monde extérieur. Là aussi, la diversité des salles vous invite à opérer vos choix entre une soirée décontractée au bar ou plus confortable dans les deux salles, où l’on peut se prélasser sans se lasser.
Plus loin, rue Najib Mahfoud, le Kasbar, rehaussé par la touche de l’architecte portugais Miguel Cancio Martins, se veut une reproduction des plus beaux lieux de Paris. En l’absence des statues Bouddha, l’architecte est le même qui a conçu le Bouddha bar à Paris, ce sont les lustres imposants qui éclairent les lieux. Depuis son ouverture il y a deux ans, le restaurant a connu un franc succès, dû essentiellement à l’ambiance qui y règne et à la qualité de sa table. Seul hic, la qualité de la cuisine qui n’est plus la même et les prix sont jugés trop chers.

Qualité

Changement d’ambiance. “Il Camelli’s” vous plonge dans une atmosphère new-yorkaise simple et attrayante. Ce bistrot se veut à la fois convivial et branché. L’écran imposant vous permet d’associer image et son, et vous transporte dans le monde très fun de la dance music.
L’animation est aussi au rendez-vous à “l’Aéropostale”. La brasserie, décorée dans le style parisien, se démarque du lot. Sa clientèle aussi. Le lieu est fréquenté essentiellement par des hommes d’affaires et des familles d’un niveau socioprofessionnel aisé. L’accueil à la porte est très soigné et le sourire est un secret-maison. Deux fois par semaine, mardi et jeudi, un groupe de jazzmen anime les lieux. Leur jeu est tout simplement irrésistible. Ils accompagnent vos discussions et doublent le plaisir du palais par celui de l’ouïe.
La carte est tout le temps enrichie de nouvelles trouvailles. Le chef cuisinier concocte à longueur de semaine des mets qu’il choisit en fonction des offres du marché. L’ardoise est là pour vous proposer les plats du jour, et si moyens il y a, satisfaire vos petits coups de cœur.

Animation

Plus loin sur la côte, “La Réserve” et le “Petit Rocher” s’arrachent une clientèle jeune, avide d’ambiance très animée.
Au “Petit Rocher”, la recette “Pub” fait fureur. Le décor rénové attire de plus en plus de monde. La couleur ocre et la décoration à la marocaine respirent la jouvence. Les plats légers et savoureux se dégustent au rythme des déhanchements et des danses chaloupées. La terrasse, prisée avec une belle vue sur la mer, s’arrache à coup de réservations.
Sur le boulevard de la Corniche, la concurrence est féroce. Mais “la Réserve” fidélise de plus en plus sa clientèle. Malgré les traces visibles de l’opération Benhima pour la lutte contre l’occupation de l’espace public, qui s’est soldée par le démontage de l’entrée, “La Réserve” est toujours repérable. Le restaurant, ouvert à partir de 20h, accueille les premiers clients au pouvoir d’achat très élevé. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte et les prix affichés pour s’en rendre compte. Les BCBG ne lésinent pas sur les moyens pour s’offrir une gastronomie internationale raffinée. Plus tard, à partir de minuit, le calme des lieux cède la place à des sonorités frénétiques et les lieux se transforment en un vrai bain chaud. La musique, triée sur le volet est réputée être des plus branchées et la clientèle est filtrée au compte gouttes: Les noceurs sont passés en coup de vent du centre ville paisible aux nuits mouvementées de la Corniche. Que la cavalcade des fêtards commence!


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