Lancement du complexe portuaire sur la Méditerranée
L’option méditerranéenne

Le Souverain a donné ses instructions pour que soit étudiée la réalisation d’un grand ensemble portuaire, commercial, industriel et touristique sur la côte méditerranéenne.

Abdellatif El Aziziz

 

Maintenant c’est officiel l’option du port sur l’Atlantique est définitivement enterrée au profit d’un complexe portuaire sur la Méditerranée. C’est le Souverain lui-même qui l’a annoncé au cours d’une séance de travail qui s’est tenue en début de semaine à Tétouan .
SM le Roi a donné ses instructions pour que soit étudiée la réalisation d’un grand ensemble portuaire, commercial, industriel et touristique sur la côte méditerranéenne. Une réalisation qui devra être opérationnelle au plus tard en 2007.
Dans cet ensemble, le port, dont la capacité finale serait de plusieurs millions de containers par an, qui inclut aussi la création d’une zone industrielle et d’une zone franche, devrait susciter une activité industrielle dynamique et importante, avec la création de plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects.

Renégociation

Le port sera situé à Oued Rimal à quelques kilomètres de Fnideq. Le choix du site a été décidé sur la base de recommandations de professionnels du maritime. L’option du port atlantique a été abandonnée pour diverses raisons.
Dont la principale est que ce dossier avait été traité avec une légèreté déconcertante. Bouygues Travaux Publics, filiale de Bouygues Construction, avait été désignée, le 21 avril 1999, par le gouvernement marocain, à l’issue d’un appel d’offres douteux lancé en 1998, pour la construction d’un port à Tanger sur la Côte Atlantique. Deux années après, Bouygues a confirmé qu'il entendait renégocier son contrat de 400 millions de dollars avec le Maroc.
Une polémique s’en est suivie et on s’est vite rendu compte que la partie marocaine était largement lésée dans ce contrat. L’arbitrage royal a mis fin à la polémique. Sur le terrain, la construction du port sur la Méditerranée répond à plusieurs motivation dont la principale est d’inscrire le Maroc comme acteur et partenaire incontournable dans les échanges économiques internationaux.
En face de la côte marocaine, le port d’Algerisas, qui est le seul à pouvoir concurrencer le Maroc, est complètement saturé. Même si ce port fait à lui seul plus de 23 % des transbordements, il fait face à des difficultés d’ordre géographique et les ports de Gioia Tauro en Italie et celui de Malte se partagent le reste du trafic.
La demande existe et le besoin est pressant. Par ailleurs, le projet de zone franche de Fnideq a besoin d’une plate forme d’exportation et d’une ouverture sur la mer.
L’objectif est clair: faire de ce port la principale place portuaire sur la Côte méditerranéenne. Les principaux objectifs à l'horizon de l'an 2007 sont de faire de ce Port un port moderne et efficace au service de l'économie nationale afin d'atteindre un trafic global de milliers de tonnes.
Avec, à la clé, la naissance d’une fonction industrielle et commerciale du Port, la capacité d'accueil au Port au niveau des accès, des quais et des magasins de stockage sans oublier les terrains commerciaux et industriels qui seront mis à la disposition des opérateurs économiques.

Saturation

Par rapport à l'environnement international, ce Port pourrait être incontournable dans la concurrence sous-régionale en ce qui concerne les trafics de transit, se positionner comme le principal port de transbordement dans la sous-région, être une plate-forme de distribution dans la sous-région et une principale plate-forme internationale de la côte méditerranéenne sans oublier la proximité avec l’Atlantique.
Il sera appelé à se positionner dans le trafic de conteneurs qui est en croissance régulière du fait de la poursuite du phénomène de la conteneurisation.

Avantages

Pour ce qui est de la pêche, le trafic de pêche dans la Méditerranée fera l'objet de demandes de terrains pour la construction de nouvelles usines de conserveries de nouveaux postes à quai pour l'accueil de plus gros navires.
Et enfin, le trafic de passagers, qui se fait par le port de Sebta au détriment de celui de Tanger en raison d’une heure de retard sur les délais de traversée, aura un débouché sur la Méditerranée. En ce qui concerne le développement du trafic de transit en provenance et à destination des pays voisins, il s’agira de créer de nouveaux avantages concurrentiels afin de consolider une position de leader dans la sous-région en matière de transit et de transbordement.
D’une manière générale, si les délais proposés par le Souverain sont respectés et si le projet est mené à terme et dans la transparence, le lancement de cet ensemble portuaire donnera un coup de fouet à l’emploi dans cette région et permettra par la même occasion de réduire l’immigration clandestine tout en donnant un coup dur à l’économie des présides occupés.


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