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Le général
Mohamed Lamari, l'un des généraux les plus influents d'Algérie,
a donné une interview à El Mouchahid Essiyassi, un hebdomadaire
londonien. Elle a été reproduite et commentée par
le quotidien algérien Le Matin dans son édition du 26 juin
2002. C'est presque une première, mais en réalité
les généraux algériens ont coutume de monter au créneau
de temps à autre quand il leur semble opportun de faire état,
au niveau international, de souhaits" ou de positions de l'armée
dont les entendeurs" devraient tenir compte.
Cette fois-ci, après les questions intérieures, le général
Lamari a parlé du Maroc. Et, fait curieux, ce n'était ni
pour le brocarder, ni pour l'accuser de colonialisme saharien. En fait,
le général dit maintenant ce que tout le monde savait: jamais
les autorités marocaines n'ont soutenu, abrité ou armé
un agresseur contre le territoire algérien.
Il faut se souvenir qu'un massacre commis à Beni Ounif, à
l'automne 2000, avait été attribué à un groupe
terroriste tranquillement installé dans une base arrière
en territoire marocain, à quelques kilomètres de là.
L'Algérie en avait alors profité pour émettre les
accusations les plus invraisemblables sur le Maroc. Quelques mois plus
tard, le groupe terroriste de Beni Ounif avait été décimé
par les militaires algériens, il n'avait aucune attache avec le
Maroc. Il faisait partie d'une ribambelle de groupuscules sévissant
entre Bechar et Saïda, bien plus au nord.
Déstabilisation
Le général
Lamari lève (ainsi) toutes les accusations et autres soupçons
qui pèsent depuis des années sur le Maroc", selon le
commentateur du Matin car Mohamed Lamari a affirmé que Le
Palais royal, le gouvernement et les institutions officielles marocaines
n'ont ni armé ni apporté une quelconque aide logistique
ou financière aux terroristes".
Il était temps que nos voisins en prennent acte.
D'autant plus que le général a fait état de la
disponibilité de l'Algérie à améliorer ses
relations avec son voisin de l'Ouest et même à l'aider".
Le Maroc apprécie. Bien sûr; le général prend
quand même le temps de s'inquiéter pour le Maroc qui fait
face actuellement à des tentatives de déstabilisation internes".
La suite des propos du général Lamari concerne la situation
en Algérie. Il faut d'abord rappeler qu'un autre officier gardant
l'anonymat parlé, le 22 juin, dans les colonnes du quotidien Le
Soir d'Algérie. Il avait enfoncé une porte ouverte en déclarant
aux Algériens que c'est leur armée qui leur a trouvé
un président, mais ce qu'il y avait de nouveau, dans le discours
de cet officier, c'est que l'armée avait alors choisi le
moins mauvais" candidat. Aujourd'hui, le peuple algérien ne
trouve son président ni meilleur ni pire que d'habitude, c'est
l'armée qui chercherait à incruster cette vérité
dans l'esprit des Algériens.
On saura un jour si c'est un simple rappel, un lâchage de plus ou
un divorce. Mais l'officier qui est resté dans l'ombre a tenu à
marquer la nette désapprobation de l'armée sur la concorde
civile que le président Bouteflika veut transformer en concorde
nationale. Et surtout, il ajoute qu'il n'y a jamais eu d'accord entre
l'armée algérienne et l'AIS, le bras armé du FIS.
Le seul document qu'aurait signé l'AIS est une reconnaissance
que l'ANP est la seule armée légitime en Algérie".
C'est donc le président Bouteflika seul qui endossera la reconversion
des terroristes en militants intégristes surprotégés
et toujours prêt à remonter au maquis. Cela a le mérite
d'être clair.
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