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Entretien
avec Mohamed Kacimi, artiste-peintre Mohamed
Kacimi est un éternel nomade. Il entame son long voyage Propos recueillis
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Maroc hebdo international: Comment avez-vous vécu votre exposition
rétrospective? - Mohamed Kacimi: Dabord un sentiment de contentement. Si à chaque fois on présente un artiste, avec la même dimension et le même effort, la dynamique de notre champ artistique en sortira gagnante. De telles actions peuvent nous sortir de lamateurisme qui caractérise les actions entreprises jusquà maintenant. Lartiste en général crée, mais il doit être épaulé pour la mise en valeur de son uvre. Il y a tout un travail parallèle qui installe toutes ces initiatives dans la mémoire dun pays, dune culture. Sinon, notre culture, quelle soit visuelle ou littéraire, narrêterait pas de patauger dans des traditions trop fermées. MHI: Quest ce qui compte le plus pour vous, la reconnaissance nationale, ou le rayonnement international? - Mohamed Kacimi: Je ne me suis jamais posé la question. Quand je sillonne des territoires, je me sens comme un chercheur, un découvreur, un rêveur, un poète comme un être qui a besoin dêtre dans les éléments du monde. Cest dans ce sens que ça fonctionne. Jamais dans le registre rigide. Il y a mes racines, ma culture qui maniment intérieurement, pas seulement sur le plan artistique mais aussi sur le plan politique et social. Mais, il y a également ce qui se passe dans le monde et qui de ne nous laisse pas indifférents. Finalement, quon fasse le choix de lappartenance ou quon ne le fasse pas, les gens sont toujours là pour vous le rappeler. MHI: Existe-t-il une ligne de partage entre vos différentes formes de création? - Mohamed Kacimi: De toute façon, ça fonctionne de telle manière quon vous le rappelle quotidiennement. Dernièrement, jétais à Bamako pour travailler avec des étudiants. Curieusement, je faisais tout dans cet atelier. Jécrivais quantité de pensées sur des bouts de papier, et en même temps je faisais ma peinture, normalement. À aucun moment, je ne me suis posé la question. Pour moi, cest le même geste. Je suis un être qui appartient à son temps et qui emprunte plusieurs formes de création pour sexprimer, en fonction des moyens qui le provoquent. MHI: Où situez-vous votre peinture? - Mohamed Kacimi: Il y a toujours des historiens, des critiques dart, des conservateurs de musée qui font ce genre danalyse, qui situent les choses dans leur histoire. Même si parfois, on est obligé de tout faire, de jouer linitiateur, le philosophe pour dire pourquoi nous travaillons sur telle ou telle forme dexpression. Je pense que je suis parmi ceux qui ont installé cette peinture dans notre pays, parmi ceux qui ont beaucoup milité pour quil y ait un langage, une spécificité visuelle et artistique. Même quand jécris sur mon travail, je le fais de manière poétique. Seulement, quand je peins je me pose des questions, jengage mon corps dans une chorégraphie interne qui structure les choses. MHI: Vous avez une prédilection pour les grands formats - Mohamed Kacimi: Cest un choix qui sinscrit dans un long processus de création. Probablement aussi une façon qui tient de lartistique et de lintellectuel. Par ce support, je questionne mon corps. En changeant de position, le corps ne produit pas la même chose. Le travail de quelquun qui sexécute sur un petit format est automatiquement mental et manuel. Dès lors quon se met sur une échelle de trois mètres, le rapport au corps prend dautres dimensions. Lengagement est autre. MHI: Comment avez-vous vécu le mélange de toutes vos sources dinspiration? - Mohamed Kacimi: Faire une synthèse de son travail na jamais été une entreprise aisée. Surtout que je suis quelquun qui a fait des études entrecoupées, qui nétaient pas dirigées de manière académique, dans le sens stricte du terme Il est vrai que jai traversé plusieurs périodes dexpérimentation, mais curieusement, même quand ça changeait au niveau du résultat, il y avait toujours une forme dexpression qui traversait toute mon uvre. Vers 1966, lors de ma première exposition, javais commencé par peindre des personnages expressionnistes et poétiques. Aujourdhui, je reviens au point de départ. MHI: De bons souvenirs? - Mohamed Kacimi: Jai vécu de bons moments qui mont beaucoup aidé dans ma création. Jai aussi rencontré des gens qui mont supporté et avec lesquels jai dialogué en communion. MHI: Des moments de doute? - Mohamed Kacimi: Énormes! Ce sont des moments permanents. Nous sommes dans une position assez bizarre avec le monde qui nous entoure et que nous ne maîtrisons pas . Ne serait-ce quen relation avec ce qui se passe maintenant en Palestine. Il y a de quoi être totalement perturbé. Que veut lhumanité de ce monde ? MHI: À quand remonte votre dernière toile? - Mohamed Kacimi: À il y a quelques semaines, à loccasion de la journée mondiale de la poésie, où jai exposé une toile faite pour la circonstance. |
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