Conférence-débat du Rotary Club Casa-Nord
Les pendules à l’heure

Bachir Thiam

 


• Driss Benhima, Aziz Belkasmi et Jawad Kerdoudi.

 

“Après les Attentats du 11 septembre 2001. Pour une nouvelle définition des Rapports Nord-Sud”. C’est le thème de la Conférence-débat organisée le jeudi 14 février 2002 à l’hôtel Hyatt Regency Casablanca par le Rotary Club Casa-Nord dans le cadre de ses activités culturelles. Une conférence animée par l’éminent économiste, Jawad Kerdoudi, en présence du wali du Grand Casablanca, Driss Benhima, des différents dirigeants du Rotary, notamment Naïma Smires Kettani, gouverneur du District Rotary 9010, Mohamed Benmejdoub past directeur du Rotary International, ainsi que plusieurs personnalités marocaines et étrangères dont le consul général du Royaume-Uni et des Etats Unis d’Amérique à Casablanca.
À tout seigneur tout honneur. C’est le Président en exercice du Rotary Club Casa-Nord, Aziz Belkasmi, qui a donné le ton. D’abord un rappel des activités et actions de son Club, tel le parrainage du Centre Sidi Moumen abritant une centaine de handicapés. “Ce centre a été doté dernièrement de 4 classes équipées d’ordinateurs pour l’apprentissage de l’informatique et de l’Internet”, un détail à propos que Aziz Belkasmi a tenu à souligner à l’attention de l’assemblée.

Solutions

Le ton était ainsi donné. La main passe. Le conférencier du jour est en terrain connu. Le Past président du Rotary Club Casa-Nord, Jawad Kerdoudi, a la prestance des grands tribuns et la délicatesse d’un vieux diplomate. Il faut dire que le thème est un peu délicat. D’abord des généralités pour planter le décor. M. Kerdoudi fait le constat du déséquilibre de développement entre les pays du Nord et du Sud et abonde dans l’explication de quelques raisons. Mieux. Il propose une dizaine de solutions, pas des moindres, à ce déséquilibre. Porter l’aide publique des pays riches à 1 % de leur PNB aux pays pauvres. Trouver une solution au problème de la dette extérieure des pays du Sud, par l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, et la conversion de la dette en investissements pour les autres pays. Encourager les pays du Sud à se regrouper sur le plan régional (coopération Sud-Sud). Aassocier ou faire adhérer les pays pauvres aux unions régionales des pays riches (Union Européenne, Zone de Libre Echange USA-Canada-Mexique). Parvenir progressivement à la libre circulation des marchandises, des capitaux mais également des personnes, par l’élimination des visas. Faciliter l’accès des produits des pays du Sud dans les pays du Nord dans le cadre de l’OMC. Encourager le secteur privé des pays riches à investir dans les pays pauvres par la promotion des IDES (Investissements directs étrangers). Établir une communication plus intense par les médias occidentaux des problèmes de développement du tiers-monde. Encourager la démocratie dans les pays du Sud.

Décentralisation

Détermination par les Etats du Sud eux-même, d’une politique courageuse de réformes politiques et économiques tendant au développement de leur pays. Que du concret, pour ainsi dire.
Le sujet lui tient tant à cœur. La position du Maroc dans le cadre des rapports Nord-Sud, l’interpelle. Il (re)situe le Maroc dans les pays du Sud certes, mais dans la catégorie des pays intermédiaires. Il reçoit de l’extérieur une aide publique bilatérale et multilatérale appréciable, et entretient d’excellentes relations avec les organismes internationaux dont le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC. Il a ajouté que la dette extérieure du Maroc, d’un niveau raisonnable, fait déjà l’objet de conversion en investissements, notamment avec la France, l’Espagne et l’Italie. Sur le plan régional, le Maroc fait beaucoup d’efforts pour l’édification du Maghreb, et est l’un des premiers pays méditerranéens à être associé à l’Union Européenne. Parlant des investissements étrangers au Maroc, M. Kerdoudi a précisé qu’ils ont atteint 3 milliards de dollars en 2001, et qu’ils vont certainement s’accroître à l’avenir, du fait de la lettre royale du 9 janvier 2002 qui a décentralisé la gestion des investissements sur le plan régional, sous la responsabilité des Walis de région. Un pied-de-nez à Driss Benhima.

 

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