Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UMA à Alger
L’union impossible

Rachid Sami

 


Taïeb Fassi Fihri, secrétaire d’État aux Affaires étrangères.

 

Les ministres des Affaires étrangères de l’UMA -Union du Maghreb Arabe - se sont réunis jeudi 17 janvier à Alger dans le cadre de la 19-ème session ordinaire de leur conseil ministériel. Tenue sous la présidence du chef de la diplomatie algérienne, Abdelaziz Belkhadem, cette session a été l’occasion d’examiner diverses questions internationales et régionales. Les discussions ont principalement porté sur l’identification des moyens à même de consolider la coopération entre les pays membres et notamment la complémentarité économique. Réunis au complet, les ministres maghrébins des Affaires étrangères ont aussi examiné les résultats des travaux des commissions ministérielles spécialisées qui se sont réunies lors de la précédente session. Globalement, la réunion d’Alger a été l’occasion pour préparer le prochain sommet de l'Union. Un sommet qui ne s'est pas tenu depuis 1994. Et depuis lors, les activités de l’UMA sont au point mort.

Différends

Un constat qui a poussé le chef de la diplomatie marocaine, Mohammed Benaïssa, à exprimer le souhait que cette session soit “une réunion bénéfique et l'amorce du nouvelle ère" et qu'elle offre également “l'opportunité d'examiner les moyens qui nous permettront de surmonter nos différends. Faute de quoi, il nous sera impossible d'initier une véritable coopération". Abondant dans le même sens, son homologue algérien, M. Belkhadem, a estimé que cette réunion est “un départ pour une nouvelle étape" dans l'action de toutes les instances de l'Union. Pour le chef de la diplomatie algérienne, la tenue de cette réunion signifie que “l'Union a commencé à activer ses mécanismes pour être en phase avec les développements actuels”. Cette réactivation des structures de l’UMA a été saluée tout récemment par le président de la Tunisie, Zine El Abidine Ben Ali, pour qui l'Union du Maghreb Arabe constitue un choix vital et incontournable pour la garantie des intérêts des peuples maghrébins. L’idéal communautaire a donc des chances de se concrétiser d’autant que l'année dernière a été marquée par une avancée de taille dans le sens de l’édification d’un ensemble régional uni. Une zone de libre-échange arabe regroupant le Maroc, la Tunisie, la Jordanie et l'Egypte a en effet été créée. Une zone qui n’attend que l’adhésion de l'Algérie. Car, ce sont en fait certaines divergences et pas les moindres entre le Maroc et l’Algérie qui empêchent jusqu’ici la cristallisation de toute démarche unitaire. Interpellé à ce sujet, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et à la Coopération, Taïb Fassi Fihri, avait dernièrement déclaré que le Maroc aspire à des relations solides de coopération avec l'Algérie, basées sur le respect mutuel, la transparence et la clarté, et ce, dans l'intérêt des deux pays et des deux peuples frères.

 

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