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Il est de
notoriété publique que certaines maladies deviennent plus
difficiles à soigner quand elles ne réagissent plus aux
médicaments. Cest le cas aussi pour la tuberculose qui devient
ainsi incurable. Quand on sait que 1% de la population tuberculeuse au
Maroc présente des symptômes de résistance aux médicaments,
lon ne saurait trop vous conseiller de mettre un masque. Un individu,
dont la tuberculose a acquis une résistance aux médicaments,
à la moindre toux ou éternuement peut transmettre un bacille
tout aussi résistant à son entourage. Selon le Docteur Nezha
Trombati au Service de pneumologie à lHôpital 20 Août
à Casablanca, la transmission se fera et la personne atteinte
développera elle aussi un bacille résistant. Le pire
cest que le malade, de peur de perdre leur emploi, cachent son véritable
maladie et argue de lasthme, de lallergie ou dune autre
maladie. Une fois mis à nu, il se ferait éjecter illico
presto de son travail car ses collègues en auront peur.
Propagation
Si lon
sen tient à la règle de progression géométrique,
et en partant du fait quun tuberculeux au bacille résistant
infecte au moins cinq personnes, ces individus auront tous un bacille
résistant et deviendront des porteurs et des vecteurs de ce germe
incurable. Pour en revenir à un raisonnement arithmétique,
léquation se présentera sous la forme dune multiplication
avec un exponentiel de plus en plus croissant.
À en croire les derniers chiffres révélés
par le ministère de la Santé en février 2001, lors
dun séminaire sur le sujet, le nombre de cas est passé
de 104 pour 100.000 habitants en 1998 à 106 cas pour 100.000 habitants
en 2001. Sur la base dune population de 30 millions dâmes,
le Maroc compterait 31800 malades, soit une croissance de près
de 2% par rapport à 1998. Une tendance qui sinscrit en porte-à-faux
avec les tendances baissières des années précédentes,
et dont les taux oscillaient entre 2 et 4% par an. Et encore ces chiffres
sont le fruit de comptages du ministère
Définie comme une maladie infectieuse causée par un bacille
appelé Mycobacterium tuberculosis, la tuberculose sattaque
aux poumons mais aussi à dautres organes. Reconnaissable
à la perte de poids, dénergie, dappétit
et à une fièvre et une toux grasse, cette maladie se transmet
par voie respiratoire. Si un individu atteint tousse ou éternue,
les minuscules gouttelettes contenant le microbe peuvent être inhalées
par son entourage immédiat. Une fois dans les poumons, ce virus
peut, grâce au réseau sanguin, se propager dans dautres
points du corps. Pour déceler la maladie, le meilleur moyen cest
de faire des tests de crachats, intradermiques ou radiographiques.
Le Maroc, qui essaie tant bien que mal de lutter contre cette maladie,
a initié, au cours des années 80, le Programme national
de lutte anti-tuberculose, qui a reçu un sérieux coup de
fouet en 1990 avec ladoption du Traitement de chimiothérapie
directement supervisé, recommandé par lOrganisation
mondiale de la Santé.
Ce traitement impose au patient de venir chaque fois se faire administrer
les médicaments. Les expériences passées avaient
montré que le malade ne suivait pas scrupuleusement le traitement,
ou bien prenait un médicament sans les autres et développait
ainsi une pharmacorésistance (résistance aux médicaments).
Cette tactique qui semble avoir porté ses fruits entre 1990 et
1998, a été prise au dépourvu, semblerait-il, par
lexode rural. Ce dernier explique-t-il tout?A priori, non !
Dabord, la population vivant en dessous du seuil de la pauvreté
est passée à 5,5 millions de personnes, soit 18,5% de la
population (toujours sur la base de 30 millions dâmes). Un
pourcentage appelé à augmenter car la sécheresse
y va de son grain de sel. Résultat un entassement dans les bidonvilles
et lhabitat anarchique avec des conditions dhygiène
et de salubrité qui sont en deçà de linimaginable.
Ce nest pas un hasard si la métropole de Casablanca concentre
environ 25% de cette population. Le triste record est détenu par
la préfecture de Ben Msick-Sidi Othmane avec 197 cas pour
100.000 habitants). Selon des experts internationaux 90 % des cas infectés
demeurent ainsi toute leur vie. Ils ne transmettront pas le bacille car
ne développant pas la maladie. Lexplication à ce phénomène
est lefficacité du système immunitaire qui réagit
à la présence des germes et empêche leur multiplication.
Dans ce cas, la contamination na pas lieu. En transposant cela au
Maroc, on devrait avoir une population de 4980 âmes porteuse du
bacille. Un chiffre qui explique que la courbe de la tuberculose soit
plate, sans fléchissement notable et tendant vers le haut.
Traitement
Pour sortir
du cercle vicieux, lenveloppe de 35 millions de dollars allouée
par le ministère de la Santé, sous la tutelle de Thami Khiyari,
demeure insuffisante. Le traitement dun bacille résistant
nécessite plus de 10 millions de centimes, alors quun cas
qui se déclare peut être jugulé grâce à
un traitement de 500 voire 600 dirhams par an. Dr. Trombati affirme que
le traitement des cas résistant aux médicaments exige
un traitement long qui fait appel à des médicaments hors
de prix. Linexistence de médicaments génériques
complique dautant plus la situation.
Cause de 4% des décès au Maroc, la tuberculeuse se joue
des dispositifs mis en place. La solution résiderait dans le développement
de la recherche, la sensibilisation, la régionalisation du traitement
de ce dossier, la formation de personnel qualifié
La tuberculose, de lavis de lAssociation SOS Tuberculose,
doit faire lobjet dune approche intégrée qui
prend en compte le milieu de vie de la population affectée, surtout
les cas chroniques. Autrement, les 35 millions de dirhams équivaudront
à verser de leau dans du sable car on se retrouve avec plus
de cas lannée daprès.
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