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Nous sommes
à la fin de la saison automnale et la pluie nest pas encore
au rendez-vous. La météo ne semble pas annoncer des jours
meilleurs. Certes, après les dernières pluies, le niveau
des barrages a augmenté. Est ce suffisant? Rien nest moins
sûr. Les agriculteurs sont inquiets. Le spectre de la sécheresse
pèse encore une fois de tout son poids sur nos campagnes.
On ne le répétera pas assez, la sécheresse est de
plus en plus chronique. Des études scientifiques récentes
comme celle préparée pour le compte du Ministère
de lEnvironnement, dans le cadre de la présentation de la
première communication nationale présentée par le
Maroc à la septième Conférence des Nations Unies
sur les Changements Climatiques qui a eu lieu à Marrakech, par
une équipe de chercheurs universitaires a mis en relief le degré
de vulnérabilité de léconomie marocaine face
aux impacts de la fréquence et intensité des sécheresses
dici 2020.
Dérèglement
En effet
létude de vulnérabilité/adaptation effectuée
par Jamal Alibou, Zoubir Bouazza et Mohamed Sinan de lEcole Hassania
des Travaux Publics, de Seddik Mouaffak de la Faculté de Droit
et des Sciences Economiques de Casablanca et de Mohamed Jalil du bureau
détudes Hydraumet, a notamment constaté, sur la base
de scénarios climatiques, non seulement à une tendance à
la réduction moyenne du volume annuel des précipitations
mais aussi à une baisse moyenne et générale des ressources
en eau dici 2020.
Les conséquences de cette baisse et du dérèglement
des précipitations seraient, entre autres, une réduction
de la capacité des barrages,une réduction des rendements
des céréales ainsi quun accroissement des besoins
en eau des cultures irriguées. Selon les auteurs de cette étude,
les impacts négatifs des changements climatiques pourront, néanmoins,
être atténués si des programmes dadaptation
sont mis en en uvre dans les brefs délais,notamment dans
les secteurs les plus vulnérables comme ceux de leau et de
lagriculture.
Désengagement
Certes,
les efforts fournis par le ministère de Bouamer Taghouane, Ministre
de lEquipement et des Travaux Publics, en matière de construction
et daménagement des barrages et par le ministère d
Ismail Alaoui, Ministre de lAgriculture, du Développement
Rural et des Pèches Maritimes, en matière de renforcement
du dispositif daide et dallègement des dettes des exploitants
agricoles ne sont pas négligeables. Mais ils restent insuffisants
pour faire face aux défis du monde rural dici lan 2020.
Une politique conséquente de développement rural reste tributaire
dun développement agricole dynamique et soutenu . Politique
qui prend notamment en compte la maîtrise de laléa
climatique et une meilleure valorisation de la ressource en eau.Or, les
stratégies traditionnelles de résistance à laléa
climatique fondées sur la complémentarité entre activités,
entre terroirs et parfois entre régions ont été gravement
compromises par la difficulté croissante daccès à
une ressource inégalement répartie.
Sur un autre plan, laléa climatique conditionne à
la fois la situation des exploitants agricoles et celle de lemploi
rural . Les stratégies de résistance à laléa,
parties intégrantes dune politique de développement
rural, devraient être dominées par la recherche de la réduction
des risques plutôt que de leur compensation par un régime
dassurance ou dassistance conjoncturelle. Par ailleurs, on
ne peut pas ignorer les efforts consentis par les pouvoirs publics en
matière de mise en valeur des périmètres irrigués.
Efforts qui se sont traduits par une progression spectaculaire de la production
des zones irriguées.
Mais, les auteurs du document de référence de la stratégie
2020 de développement rural publié en 1999 par le
Ministère de lAgriculture, du Développement Rural
et des Pèches Maritimes ont constaté quau cours
des années 80, loption de mise en valeur dirigée nétait
plus tenable dans le cadre dune économie de marché
et dun désengagement de lEtat imposés par lajustement
structurel.
De nouvelles options doivent être prises en considération,
impliquant notamment, selon le même document la réorganisation
des Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole(ORMVA) en fonction
dune nouvelle mission centrée sur la gestion de leau
et des aménagements et une responsabilisation accrue
des usagers dans le domaine de lentretien des réseaux et
la gestion directe de leur exploitation par la libéralisation des
assolements, la constitution des associations dusagers et lincitation
à léconomie de leau sous tendue par une politique
améliorée de la tarification.
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