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Lavantage
dans les relations bilatérales entre Etats, cest de pouvoir
comprendre le pourquoi du comment des choses! Aujourdhui lEspagne
applique à la lettre ce proverbe marocain qui dit: ma
frappé et a pleuré; sest dépêché
et ma accusé.
Laffaire présente et lactualité qui préoccupent
lEspagne est dune lecture très simple: comment distraire
le Maroc tandis que souvrent des négociations sur le futur
statut de Gibraltar?
Le souci majeur de lEspagne est donc de nous faire oublier en ce
moment Sebta et Melillia. Le drame pour lEspagne serait que le Maroc
fasse un parallèle avec Gibraltar ; que le Maroc rappelle ses revendications,
insiste sur les conditions de loccupation, retrace les guerres pour
libérer ces deux villes, raconte les guerres menées avec
succès pour libérer El Jadida, Agadir, Essaouira, Mehdia,
Acila, occupées à la même période que Sebta
et Melillia, révèle aussi les dessous qui nont pas
permis loccupation de Tanger en ces temps-là.
Hostilités
En conclusion:
le tout pour le Maroc est de démontrer, si besoin est, que son
combat pour Sebta et Melillia est sans limites, continu, permanent, incessant
et exaltant, comme celui de lEspagne pour la ville de Gibraltar,
occupée par les Anglais à la même période.
Alors lEspagne nous accuse de tout et de rien : notre Sahara, limmigration
clandestine et même régulière, la pêche, lagriculture,
lUE, le Conseil de Sécurité, la France, les Marocains
juifs, les Marocains musulmans, la circulation dans le Détroit
et en Méditerranée, les Iles Canaries et les frontières
maritimes, nos relations avec lAfrique, la tomate et les oranges
exportées
il ny manque que lair et le soleil
sur lesquels l'Espagne souhaiterait aussi nous restreindre
Nous connaissons notre voisin du nord. Il nous connaît. À
tous les tournants de lhistoire marocaine, lEspagne est là.
Pour elle, loccupation de la Péninsule ibérique par
Tarik est un sacrilège, une hérésie quelle
a pu faire payer aux Morisques en septembre 1609 avec, à la clé,
plusieurs centaines de milliers de morts on parle de 300 000 à
500 000 morts-. Pour certains historiens un génocide escamoté.
En dehors des péripéties des hostilités contre nous,
de Charles-Quint, de Jeanne la folle ; dIsabelle-la-Catholique,
du Duc de Lerma, voire de lInquisition ibérique et des Ferias
des villes espagnoles revanchardes et haineuses où le matamore
a toujours le dernier mot, lEspagne sest donné presque
un siècle de répit avec la défaite de Tétouan
en 1859 où victorieuse, suite à une énième
agression de sa part, elle a astreint le Maroc à des dédommagements
et intérêts colossaux pour lépoque quelle
devrait, à priori, nous rembourser- qui ont saigné léconomie
marocaine et ont préparé la perte de notre souveraineté
consommée en 1912. Tout étant lié : le moment de
répit passé, dès notre indépendance, lEspagne
recommença à souffler le chaud et le froid sur nos relations;
Sebta et Melillia obligent.
Renouveau
On ne peut
oublier le rôle une codominance- de lEspagne, sa façon
de faire, ses complexes vis-à-vis du Maroc, ses clichés,
ses méthodes et ses anti-méthodes, précurseurs de
toujours de ce choc des civilisations qui fait lactualité.
Lerreur de lEspagne dans ses relations avec le Maroc, consiste
à user des mêmes stratégies ou plutôt des mêmes
tactiques : le chantage. Elle crie fort sans raison, ou elle se présente
en victime ou encore elle joue la crédulité en disant: Pas
de différends, daucune nature, daucun type." Comment
négocier avec ceux qui fuient? LEspagne, avec ses proches
ou lointaines complicités objectives, na pas encore compris
quil est des temps révolus qui seffacent, et quil
est des temps nouveaux qui sinstallent. Le chantage ne peut perdurer.
À chaque période ses hommes, leurs expressions et leurs
styles.
Le Maroc, à travers ses initiatives, comprend lacharnement
de lEspagne pour le retour en son sein de Jabal Tarik, patrimoine
de lHistoire. LEspagne devrait comprendre lacharnement
du Maroc pour le retour de Sebta et Melillia. Une bonne façon deffacer
de tristes pages de lHistoire commune en ce monde qui se dit en
renouveau. Le Royaume du Maroc, Etat du continent africain, qui a fait
un long chemin avec lEspagne musulmane, almoravide et almohade,
le sait bien: un jour, il faut bien partir, avec le plus de dignité
possible et en sauvant lavenir. Ainsi fut fait pour lintégrité
territoriale du Maroc quand lEspagne a restitué, dans le
calme et la sérénité, Tarfaya, Sidi Ifni et les provinces
sahariennes comme elle a dû quitter auparavant mais difficilement
Santa Cruz (Agadir) et Arzella (Acila).
Et donc, demain à Gibraltar espagnole, répondront sur rive,
Sebta et Melillia marocaines. Toute autre gesticulation est vaine.
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