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Le Maroc
vient de fonder un lieu de rendez-vous pour les professionnels du secteur
de la pêche: Fish Morocco. Le Salon international de la pêche,
qui ouvre ses portes à Agadir du 24 au 27 octobre sous la devise
«Protégeons la mer, préservons lavenir»,
est une grande première. Pour une fois les professionnels, aussi
bien marocains quétrangers, disposent dun carrefour
national où ils pourront faire fructifier leurs carnets de commandes,
tisser des relations de partenariat et développer leur savoir en
étant au courant des nouvelles méthodes et outils de production.
Lors de la cérémonie dinauguration, le ministre des
Pêches maritimes, Saïd Chbaâtou, a déclaré
que ce salon reflète les opportunités dinvestissement
en la matière quoffre le Maroc, et sest félicité
des contacts concluants qui ont eu lieu entre les nationaux et des entrepreneurs
étrangers. Preuve en est la signature, en marge de linauguration
et en présence de M. Chbaatou, dune convention de coopération
et de partenariat visant léchange de savoir et de savoir-faire
et une concertation pour le développement du secteur de la pêche
entre les fédérations des Chambres des pêches maritimes
du Maroc et de lItalie. Cette première édition a regroupé
près de 140 sociétés étrangères de
18 pays.
Commission
Fish Morocco
a été une occasion pour les professionnels de découvrir
de nouveaux équipements, outils de pêche, moyens de détection,
des machines de propulsion
En parallèle, ils ont également
profité de tables rondes sur divers thèmes comme la promotion
de la consommation nationale ou la démarche qualité.
La veille de louverture de Fish Morocco, M. Chbaatou était
à Safi et à Essaouira pour présenter aux professionnels
du secteur le Programme national dadaptation du secteur aux normes
européennes. La Commission européenne avait chargé
des experts, entre le 28 mai et le 9 juin 2001, dévaluer
les efforts que les professionnels doivent consentir pour la mise à
niveau du secteur et qui ont remis un rapport. Le Maroc a créé
à cette fin une commission dexperts et de vétérinaires
qui a élaboré le programme précité sur la
base des expériences de pays européens. Une panoplie de
mesures est énoncée dans ce programme national. Une partie
concerne les mesures dhygiène sur les bateaux et dans les
ports notamment par la création de laboratoires vétérinaires
et la formation de cadres spécialisés dans le contrôle
dhygiène. Le Programme recommande également la création
de laboratoires vétérinaires et de commissions sanitaires
et dhygiène dans les ports. Par ailleurs, nombre de mesures
énumérées dans ce programme demeurent subordonnées
à la révision de plusieurs textes de lois.
Lors de ses rencontres avec les professionnels, M. Chbaâtou a appelé
à lamélioration de la qualité et au respect
de lhygiène pour protéger le consommateur et avoir
le visa dentrée dans les marchés de lUnion.
Il les a appelés à faire appel aux mécanismes incitatifs
mis en place par son département pour moderniser leurs bateaux.
La pêche, pour faire face aux barrières immatérielles
des normes de qualité, na dautre choix que de saligner
sur les standards européens. Autrement, nos produits resteront
sur le pas de porte de lUnion..
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Jamais depuis
lenclenchement du processus démocratique en Mauritanie, il
y a dix ans, les lendemains de scrutins nont été aussi
calmes. Lopposition locale habituée à stigmatiser
«la sempiternelle mascarade électorale» na pas,
cette fois-ci, dénoncé les résultats du premier tour
des élections municipales et législatives qui a eu lieu,
vendredi 19 octobre, dans ce pays maghrébin. À première
vue, cette retenue pourrait paraître paradoxale. Car, les partis
de lopposition, qui viennent de réintégrer un processus
électoral quils ont, depuis longtemps, boudé, se sont
vus «mal récompenser» leur participation quasi-unanime
aux dernières échéances. Celles-ci ont, en effet,
donné lieu à un véritable raz de marée électoral
du Parti républicain démocratique et social (PRDS) au pouvoir.
La formation du président Mouaouya Ould SidAhmed Taya sest
assurée, dès le premier tour, dune confortable majorité
dans la future assemblée nationale avec 56 des 81 sièges
à pourvoir. A ce score provisoire, sajoutent les trois sièges
remportés par deux formations alliées de celle au pouvoir
à Nouakchott: lUnion pour le développement et le progrès
(UDP) dirigée par Mlle Naha Bent Mouknass, fille de lancien
ministre des Affaires étrangères, Hamdi Ould Mouknass, et
le Rassemblement pour le progrès et lunité (RDU) dAhmed
Ould Sidi Baba, frère de lancien président du parlement
marocain, Dey Ould Sidi Baba. Lopposition na décroché
que 9 sièges répartis entre ses quatre principales composantes:
le Rassemblement des forces démocratiques, parrainé par
Ahmed Ould Daddah, demi-frère du premier président de la
Mauritanie indépendante, Mokhtar Ould Daddah; lAction pour
le changement de Messoud Ould Boulkheir, lUnion des forces du progrès
et le Front populaire dirigé par Chbih Maalaînine qui purge
actuellement une peine de trois ans de prison pour «atteinte à
la sûreté de lEtat».
Résignation
Trois facteurs
peuvent expliquer la résignation des adversaires du président
Taya. Grâce à la dose de proportionnelle introduite dans
les grandes villes, des leaders des quatre formations dopposition
précitées ont désormais droit de cité sous
la coupole du parlement mauritanien.
Les militants de lopposition espèrent également arracher
la majorité des treize sièges encore en ballottage, lors
du second tour prévu vendredi 26 octobre, afin de pouvoir constituer
un groupe parlementaire.
Ce qui serait une première dans les annales de la démocratie
mauritanienne. Lopposition semble avoir également intériorisé
lidée que lalternance en Mauritanie ne serait pas immédiate
mais laboutissement dun long et aléatoire processus
démocratique quelle devrait accompagner au lieu den
rester à lécart.
Comme lont illustré davantage les élections municipales,
les sympathisants de lopposition sont, pour la plupart, dans les
grandes villes.
La Mauritanie profonde demeure dominée par les chefferies tribales
peu sensibles au discours moderniste de lopposition et si soucieuses
de rester en bons termes avec lEtat souvent assimilé au parti
au pouvoir. Mais, aux yeux de beaucoup dobservateurs, les adversaires
du PRDS nauraient pas tort, en réintégrant un processus
démocratique jusque-là géré unilatéralement
par le président Taya. Ils auraient simplement fait leur une conception
très connue selon laquelle la politique est «lart du
possible».
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