Ramzi Soufia, pionnier de la presse arabe
Le séducteur de Bagdad

Nouvelliste, poète, Ramzi Soufia est connu, surtout, comme une grande vedette baroudeur de la presse arabe. Sa carrière hors pair l’a conduit à parcourir le monde entier. De Bagdad, sa ville natale, à Hollywood où il a séjourné dans les années 60 du siècle écoulé, aucune métropole n’a de secret pour lui. Grand familier du Maroc, il vient de publier, le premier, une biographie de SM le Roi Mohammed VI. Portrait.

Par Abdallah Ben Ali

 


• Ramzi Soufia remettant son livre à S.M. le Roi en présence de SAR le Prince Moulay Rachid.

 

Est-il un Irakien du Maroc ou un Marocain de l’Irak? Ramzi Soufia approuve, volontiers, les deux propositions. Car, il est sûr que l’affection qu’il porte à son pays natal, l’Irak, n’a d’égal que “l’amour inépuisable" qu’il voue au Maroc où il a élu domicile depuis plus d’un quart de siècle. “Jamais un pays ne m’a captivé autant que le Royaume chérifien", dit-il sur un ton sincère. Pourtant, Ramzi Soufia en a auparavant vu. Né dans une famille de la haute société de Bagdad, dans la première moitié du siècle écoulé, cet éternel séducteur avait déjà, avant son arrivée au Maroc, parcouru le monde entier.
Dès qu’il a décroché, très jeune, sa licence en droit de l’Université de Bagdad, Ramzi s’est envolé aux USA où il a passé sept années particulièrement heureuses et instructives.
“Si j’ai échoué dans l’apprentissage de la mise en scène cinématographique, objectif initial de mon voyage, j’ai pu, par contre, perfectionner mon anglais, approfondir mes connaissances et surtout me faire un joli carnet d’adresses à Hollywood", déclare le futur biographe de SM le Roi Mohammed VI.

Élégance

Ramzi Soufia mettra tous ces acquis à contribution dans sa carrière journalistique entamée déjà dans son pays natal. Il interviewera toutes les célébrités de Hollywood pour le compte de magazines artistiques au Liban et en Egypte. Son livre illustré “Jours avec les stars", préfacé par Abdelhalim Hafez et réédité, il y a un an, donne un aperçu de cette période glorieuse. On y voit l’élégant jeune journaliste irakien, aux yeux bleus, au teint clair et à la taille élancée, perdu dans des apartés avec Liz Taylor, suscitant l’hilarité de Sophia Loren et s’investissant dans des échanges courtois avec Robert Mitchell.
Talent
De retour dans le monde arabe, après de pérégrinations qui l’ont conduit, entre autres, aux principales métropoles européennes, Ramzi Soufia, qui n’a jamais cessé de taquiner la muse, publie une bonne douzaine de nouvelles et donne libre essor à son talent de journaliste culturel. Mais, il sera vite rattrapé par la politique. La célèbre maison de presse koweïtienne, Assiyassa, qui publie deux quotidiens, “Assiyassa" en arabe et “Arab Times" en anglais en sus de l’hebdomadaire “Al Hadaf", lui propose d’être son correspondant politique en Afrique du Nord. Le journaliste, qui ne résiste pas à cette offre “alléchante", choisit, alors, de s’établir au Caire. Mais, il n’hésitera pas, quelque temps après, à préférer Casablanca à la capitale des Fatimides. Pourquoi? Voici la réponse de M. Soufia: “J’étais venu au Maroc couvrir la Marche Verte, en 1975, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence de presse donnée à l’occasion par feu SM Hassan II. Le Souverain, qui semblait avoir apprécié mes questions, m’a suggéré, à l’issue de la conférence, de venir m’établir au Royaume et j’ai immédiatement accepté".
C’est le début d’une véritable idylle. Le vieux pionnier de la presse arabe, qui aura le droit à plusieurs entretiens exclusifs avec le Souverain défunt, sera littéralement charmé par le Maroc et son Roi. Les manifestations de “l’intérêt sympathique" porté par Ramzi Soufia au Maroc deviennent, vite, nombreuses. Ses correspondances à la presse koweïtienne, comme sa chronique dans l’hebdomadaire marocain “Al Ousboue", reflètent fidèlement les acquis, les potentialités et les soucis du Royaume. Cet homme, ayant des relations privilégiées avec les hautes sphères de la politique et de la finance dans l’Orient arabe, est souvent considéré, aussi, comme “un inlassable avocat du Maroc".

Exclusivité

Mais il faut dire que le meilleur don fait par l’illustre correspondant de Assiyassa au Royaume est, incontestablement, la biographie de SM le Roi Mohammed VI que Ramzi Soufia vient de publier. “Ce livre, comme le souligne le professeur Abdelhadi Boutaleb qui l’a préfacé, n’est pas seulement une histoire ou une biographie du Roi du Maroc. Mais, il est également une présentation inédite du Maroc ancien et moderne".
Dans ce bel ouvrage intitulé “Mohammed VI, le Roi espoir", le grand journaliste n’a pas, en effet, démérité. Car, il a réussi à fournir aux lecteurs arabophones une mine d’informations rares sur l’éducation et la formation du Souverain et à présenter, d’une façon objective, le bilan précieux des deux premières années de son règne. Sa conclusion, cautionnée dans la post-face du même livre par plusieurs intellectuels arabes, dont Melham Karam, le doyen des journalistes libanais, est la suivante: “l’avenir du Maroc sera, sous la conduite d’un grand Souverain éclairé, comme le Roi Mohammed VI, radieux et prospère".

Retour