La guerre de la contrebande fait rage dans les zones frontalières
Autoriser l’interdit

Par Abdellatif El Azizi

 

La bataille fait rage dans les colonnes de la presse locale oujdie entre les tenants du libre-échange version trabendo et les protectionnistes, défenseurs de la légalité des transactions . La contrebande n'a jamais été aussi florissante. Le journal Al Wafaâ Al Watani s’interroge sur les autorisations données à plusieurs centaines d’entrepôts destinés à abriter les marchandises avant qu’elles ne prennent le chemin des frontières algériennes . Le scénario est désormais bien huilé, les véhicules qui roulent à tombeau ouvert, les jeux de lumière échangés par coups de phares interposés, la contrebande qui circule la nuit est un véritable secret de polichinelle. La plage horaire réservée à ce rallye d'un type bien particulier est relativement courte. Tard dans la nuit et juste avant le petit matin. Camions, camionnettes mais également voitures personnelles se ruent des deux côtés de la frontière avec un flux vers l'Algérie beaucoup plus dense. La contrebande n'a jamais été aussi florissante. Ni l'ombre des massacres commis par les groupes armés, ni les rumeurs les plus folles sur un conflit algéro-marocain, ni la fermeture officielle des frontières n'ont jamais vraiment constitué un obstacle à la circulation des produits de contrebande. Si pour les Marocains, le fuel et quelques produits algériens importés sont alléchants, l'essentiel du trafic se fait en direction de l'Algérie.

Cheptel

L'électroménager de Mellilia, le pinard de Sebta, des médicaments fabriqués à Casablanca... mais les produits qui ont la cote restent sans conteste les produits agricoles. D’une manière générale, les produits qui vont en Algérie, sont essentiellement les effets vestimentaires, les produits alimentaires, les alcools, les tabacs, les stupéfiants et le cheptel. La presse algérienne rappelle qu’en l’espace de trois années (1996-1999), les services des douanes algériens chargés de la lutte contre la fraude avaient saisi 10 107 têtes de cheptel, réparties entre ovins, bovins et caprins. Pour la seule année 1996, il a été saisi environ 5.473 têtes de cheptel, dont 4.343 ovins, 967 caprins, 37 bovins et 52 équins.
De l’autre côté de la frontière, pour faire face à une demande croissante en carburant, les douanes algériennes ont insisté sur la nécessité de “s’attaquer aux sources mêmes de la contrebande que constituent certaines agglomérations édifiées sur la frontière, les stations d’essence, les marchés quotidiens ou hebdomadaires ". Elles préconisent notamment “la fermeture ne fût-ce que provisoire de certaines stations d’essence, des marchés situés le long des frontières, la mise en place de comités de coopération douanière, notamment avec le Maroc”.

Partenaires

En effet, selon des informations douanières algériennes , le bilan des saisies de stupéfiants, pour la période allant de janvier 1996 à mai 1999 s’élève à deux tonnes huit cent quatre-vingt-deux kilogrammes huit cent quatre-vingt quinze gammes (2.882, 885). Les stupéfiants saisis, du kif particulièrement, proviennent des frontières maroco-algériennes. L’année 1996 a été la période où le plus grand nombre de saisies a été effectué.
Les partenaires commerciaux à l'étranger sont choisis en fonction de leur souplesse et de leur capacité à intégrer les intérêts personnels des généraux dans leur stratégie. La corruption reste un moyen efficace pour décrocher les contrats les plus juteux. Le marché parallèle n'échappe pas à la règle et les dividendes récoltés à la frontière algéro-marocaine ne sont certainement pas négligeables. D’un autre côté, on sait que le nord-est du Maroc occupe le premier rang pour le montant des dépôts bancaires des Marocains Résidents à l'Etranger..

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