Driss Ennahdi, ambassadeur du Roi à Dakar, mobilise la communauté
marocaine du Sénégal à l’occasion de la visite à Dakar de SM le Roi Mohammed VI.
Nos émigrés du Sud

Par Bachir Thiam

 


• Driss Ennahdi, ambassadeur du Roi au Sénégal et Babacar Kébé, Président de la Holding Kébé.

 

Combien sont-ils? Depuis combien de temps vivent-ils au Sénégal, et dans quelles conditions? Pourquoi le choix du Sénégal? Quels rapports entretiennent-ils avec leur pays d’origine? Les Marocains du Sénégal et d’ailleurs, du reste comme toutes les communautés expatriées, répondent parfaitement à ce genre d’interrogations. Et à d’autres, tant toutes les contrées d’immigration semblent si lointaines du pays d’origine. Et dans la plupart des cas -a priori- tout les sépare. La culture, la langue, les us et coutumes, et par nature, la géographie.
Le Sénégal, un pays frère et ami presque limitrophe, n’échappe pas pour autant aux dures réalités de l’exode. Bien sûr, l’intensité de ces différences varie d’un pays à un autre, d’une région à une autre. Les Marocains sont chez eux au Sénégal, et les Sénégalais chez eux au Maroc. Comme un leitmotiv, cette phrase revient dans tous les débats, à quelque niveau qu’ils soient. N’empêche.

Bonne conscience

Au Sénégal, en plus du millier de Maroco-Sénégalais et/ou de Sénégalo-Marocains, c’est-à-dire des Marocains naturalisés ou ayant la double nationalité, y vit un autre millier de ressortissants marocains dont 400 étudiants, tous sous la bienveillance de l’ambassadeur de Sa Majesté, Driss Ennahdi. Un diplomate de carrière, rompu aux astuces protocolaires pour avoir, pendant très longtemps, occupé le poste de responsable du service de la Communication au ministère des Affaires Étrangères. Preuve s’il en est, son réseau de relations dans les plus hautes sphères du pays, dans les milieux d’affaires les plus influents. Ses audiences avec les différents locataires du Palais de la République ne se comptent plus. Il n’est en poste à Dakar que depuis seulement un peu plus de quatre ans. On dit que sa bienséance très pointue a permis de raffermir certaines relations de partenariat entre hommes d’affaires des deux côtés. On cite Babacar Kébé, Président-directeur général de Holding Kébé, pour son partenariat avec Wafabank, on parle de l’installation de beaucoup d’hommes d’affaires marocains au Sénégal par ses soins… Sa disponibilité, son tact, sa générosité, son sens de l’organisation à l’occasion de la visite officielle au Sénégal des 22 et 23 mai 2001 de SM le Roi Mohammed VI, auront servi la centaine de journalistes et autres officiels ayant fait le voyage. Tout était réglé à l’avance comme du papier musique. L’hébergement, les loisirs, les rendez-vous. Tout, presque rien n’a manqué aux hôtes de Son Excellence, comme aimaient à nous désigner certains confrères sénégalais. C’est à peine si on ne disait pas de l’ambassadeur de Sa Majesté que ce voyage est le tournant de sa carrière.
Dès lors, pouvait-il en être autrement? Disons-le, il n’est pas donné à tous les ambassadeurs en poste d’accueillir Sa Majesté. À l’accueil, Driss Ennahdi tenait la bonne place. Il a été invariablement au protocole, à la sécurité, à l’animation. Il semblait être partout et en même temps. Depuis que Driss Ennahdi est en poste à Dakar, jamais occasion, mieux que celle offerte par la visite officielle, ne lui avait permis de se mettre autant à la page et de réunir toute la communauté marocaine. Il était sur toutes les ondes de radio, sur le plateau de la télévisiopn sénégalaise, à la une de tous les journaux.
Pour la deuxième fois, en effet SM le Roi Mohammed VI visitait le Sénégal. L’occasion était très belle. Trop belle même, pour un ambassadeur surtout, pour ne pas s’illustrer. La première en 1981, alors Prince Héritier, le Roi représentait feu SM Hassan II au Sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique de Dakar.
Combien comptait la colonie marocaine à l’époque? Peu importe. Cette fois-ci, ils étaient plus du millier, venus de tout le Sénégal pour communier avec leur Roi. Le Roi du Maroc. Ils étaient tous venus, ils étaient tous là –formule consacrée– pour faire allégeance à Sa Majesté, quand bien même, depuis bien longtemps, si ce n’est depuis toujours, ils aient acquis la nationalité sénégalaise, leur actuelle patrie.

Tournant de carrière

Mais les liens avec la terre sont indéfectibles. À cette occasion-là, même ceux qui avaient des problèmes de régularisation avec le service consulaire de l’ambassade du Maroc, pour l’établissement de la carte consulaire ou le renouvellement de leur passeport, une centaine, ont tenu à faire partie de la fête, en sollicitant les services de l’ambassade. C’est normal. La rencontre avec la communauté marocaine établie au Sénégal figurait en bonne place dans le programme de la visite de Sa Majesté. L’autre temps fort de cette visite, convenons-en. Le Palais de la République sénégalaise s’est avéré petit pour contenir tous ces Marocains, Maroco-Sénégalais et Sénégalo-Marocains qui ont pris d’assaut les grilles du palais, des heures avant l’audience. Une centaine seulement ont eu la chance de partager ce désormais haut lieu du nouveau symbol des relations maroco-sénégalaises. Cette salle même où la veille, Sa Majesté avait offert un dîner à la délégation qui l’accompagnait et à ses hôtes sénégalais. Pourtant, leurs you-you, comme pour marquer leur appartenace culturelle à l’apparition dans la salle de SM Mohammed VI en compagnie de la Princesse Lalla Hasna, avaient suffi à faire monter l'émotion. Une émotion grosse comme ça s’était saisie de tout le monde. Des moments de gaité sur fond de profonde nostalgie. M. Dioury, comme on l’appelle là-bas, était présent. Mohamed Dioury est pourtant un Sénégalais bon teint. Il a occupé de hautes fonctions étatiques. Ancien directeur général des Impôts et Domaines du Sénégal, ce natif de Saint-Louis du Sénégal, tout comme l’autre Sénégalais, non moins Vice-président de l’Association des ressortissants marocains au Sénégal, professeur d’informatique, Mohamed Farsy, ont tenu, comme tous les autres Marocains ou Marocains naturalisés ou encore Marocains nés de couples mixtes à partager ces moments historiques.
C’était tout dans tout, pris sous quelque angle que ce soit. Là-bas les Marocains s’appellent Assane au lieu de Hassan et la Haja, Adja. Juste une question de règlage.

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