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Faut-il
lannoncer dès le début, jamais le Proche-Orient na
été si près dun embrasement général,
dune guerre ouverte et collective que pendant cette semaine sainte
pour les chrétiens quand le premier ministre israélien Ariel
Sharon avait ordonné des raids sur des positions militaires syriennes
à lintérieur du Liban et décidé de réoccuper
une partie de la bande de Gaza quIsraël avait cédée
à lAutorité palestinienne au terme de labyrinthiques
négociations.
Agressivité
Le cliquetis
des radars espions, le bruit de bottes se sont nettement fait entendre
cette semaine quand Ariel Sharon, lenfant gâté de ladministration
américaine, a décidé dexercer sa virilité
militaire en ouvrant plusieurs fronts, le front libano-syrien étant
celui susceptible de procurer létincelle de la déflagration.
Pourtant les ingrédients dune impossible guerre syro-israélienne
étaient là, rassurant lensemble des capitales arabes
et occidentales dont les diplomates se sont fendus de communiqués
dénonciateurs, au ton croque-morts et apocalyptiques. Damas nallait
pas marcher sur Tel Aviv et Hosni Moubarak nallait pas revêtir
son treillis daviateur pour piloter une diplomatie agressive. Il
sest contenté de mettre dans ses avertissements les trémolos
nécessaires pour calmer sa vox populi qui trépigne dimpatience
de voler au secours de la veuve et de lorphelin palestiniens.
Malgré la nouvelle escalade militaire qui a donné limpression
quAriel Sharon a franchi une étape supplémentaire
qui rapproche la région du chaos, il sagit dune fausse
impression, car les cénacles européens et américains
qui veillent sur léquilibre sécuritaire de cette région
ont sans doute estimé que Ariel Sharon na pas encore dépassé
les lignes rouges quun agrément non écrit stipulait.
Depuis larrivée de Georges W. Bush aux affaires qui a coïncidé
avec lintronisation dAriel Sharon, la nouvelle doctrine américaine
dans la région nest plus détablir une paix,
fût-elle de couleur américaine, mais déviter
de subir une guerre israélo-arabe, avec tous les déséquilibres
et instabilités que cela entraînerait. Mais entre abandonner
les rêves dune paix satisfaisante pour les Israéliens
et les Arabes et éviter un embrasement général, de
nouvelles lignes rouges se sont imposées.
Tuer et massacrer du Palestinien, bombarder du Libanais a cessé
dêtre dans cette nouvelle équation le déclic
ou linterdit à ne pas dépasser sous peine de saper
le fragile équilibre de la terreur savamment protégé
par les pontes du Pentagone et de la CIA.
Déclic
Par conséquent
les territoires palestiniens et le territoire libanais se sont transformés
par la grâce de cette nouvelle donne en champs de manuvres
à ciel ouvert pour démonstration de force israélienne,
le substrat électoral et idéologique de léquipe
Sharon, avec la bénédiction inavouée des autorités
syriennes, car on ne peut éternellement échapper à
cette double interrogation: pourquoi malgré ses vociférations
contre Damas Israël se contente-t-il de bombarder ses positions au
Liban sans jamais oser toucher le territoire syrien ?
Et pourquoi malgré les déclarations officielles syriennes
de soutenir la résistance libanaise (le Hezbollah et autres forces
hostiles à Israël), Damas oublie de nourrir un mouvement de
résistance à lintérieur de Golan syrien occupé
par Israël et préfère, même du temps de Hafez
El Assad, le récupérer par la voie de négociation.
Après lIntifada palestinienne, cette première grande
crise militaire depuis larrivée dAriel Sharon au pouvoir
a permis de situer les nouvelles alliances et postions à légard
de ce conflit: ladministration américaine conserve un soutien
sans faille, malgré des froncements de sourcils, à légard
de lEtat dIsraël quels que soient ses dirigeants, lUnion
européenne savoue impuissante à disposer de moyens
dinfluencer les protagonistes et observe un statut de spectateur
affligé, quant aux pays arabes notamment ceux qui ont des relations
diplomatiques avec lEtat hébreu (lEgypte, la Jordanie,
la Mauritanie), la situation ne leur paraît pas encore suffisamment
grave, et larbitraire et larrogance israéliens suffisamment
visibles pour couper les relations diplomatiques et sinsérer
dans un programme de boycott des principaux parrains dAriel Sharon.
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