Un enfant marocain paralysé après le vaccin contre l’hépatite B

L’injection fatale

Deux jours après s’être fait vacciné contre l’hépatite B, un gosse de 19 mois
a été hospitalisé d’urgence le 7 février 2000, à l’hôpital d’enfants de Casablanca.
Au cœur du drame, le vaccin en question qui a déclenché il y a quelques années une grosse controverse en France.

Par Abdellah Chankou

 

H.F était beau et souriant. Aujourd’hui, l’enfanT, sous respiration artificielle, est paralysé. Atteint du syndrome Guillain-Barré probablement post-vaccinal.

 

Deux photos, une seule personne. Un nourrisson de 17 mois. Dans l’une, H.F est vif, souriant. Un bébé normal. Dans l’autre, prise quelque temps plus tard, H.F est méconnaissable. On dirait un autre. Tellement il est chétif et recroquevillé sur lui-même. La différence saute aux yeux. Déconcertant. Qu’est ce qui a pu arriver à ce garçonnet pour être dans cet état ?
H. F. était en bonne santé jusqu’au jour où il a subi une injection du vaccin contre l’hépatite virale B, un vaccin recommandé pour prévenir la survenue de maladies graves comme les hépatites aiguës fulminantes, les cirrhoses et les cancers. H.F a fait son vaccin le 5 février 2000 et un mois auparavant une vaccination anti-haemophilus.

Troubles

En dehors de ces deux injections, le bébé n’avait pas d’antécédents familiaux ou personnels. Mais deux jours après avoir reçu le vaccin anti-hépatite B, le petit H.F âgé alors de 19 mois tombe gravement malade. Il a fallu l’hospitaliser d’urgence à l’hôpital d’enfants à Casablanca. Le diagnostic du médecin traitant est alarmant.
Le malade, placé immédiatement sous respiration artificielle, souffre d’une tétraplégie d’installation brutale, aggravée de troubles respiratoires. L’état de santé du patient ne s’améliore guère malgré le traitement qui lui a été administré. Pis, d’autres problèmes surgissent, notamment des troubles de la déglutition, alors que les fonctions rénale et hépatique sont normales. Absence d’amélioration clinique donc, et apparition de suscroît de complications neurovégétatives.
Ces complications ont été traitées deux fois par des cures d’immunoglobulines. Résultat: une légère amélioration neurologique. Pour le médecin traitant (centre hospitalier Ibn Rochd de Casablanca), H. F. pourrait être atteint du syndrome Guillain-Barré sévère, probablement post-vaccinal. Ce qui laisserait croire que le vaccin anti-hépatite B est en cause. Extrêmement grave.

Justice

La famille de l’enfant est d’autant plus inquiète que leur fils, âgé aujourd’hui de trois ans, ne peut pas marcher. Il est paralysé. Ne pouvant bouger ni ses membres supérieurs ni ses membres inférieurs. Incapable de supporter longtemps les frais d’hospitalisation, le père, un cadre moyen, s’est avisé de ramener H. F. à la maison. Ce n’est pas la solution, puisque aucune amélioration n’a été constatée depuis. Bien au contraire. La situation de H. F., qui ne quitte pas son lit, empire de jour en jour. Peut-être que H. F. a une chance d’être sauvé. Mais la famille n’en a pas les moyens financiers.
En dernier recours, la famille du patient veut connaître la vérité, savoir ce qui a ruiné la santé de leur petit. C’est ainsi que le
père dépose, le 4 avril 2000, une plainte auprès du procureur près la cour d’appel de Casablanca. L’affaire est toujours entre les mains de la police judiciaire de Derb Soltane-Fida. La procédure, qui a déjà traîné, risque de s’enliser davantage. Plus le temps passe, plus les jours de l’enfant sont en danger.
Le vaccin contre l’hépatite B traîne une mauvaise réputation.
N’a-t-il pas soulevé il y a quelques années une grande polémique en France? Bernard Kouchner, alors secrétaire d’État à la Santé, avait suspendu les campagnes de vaccination contre ce virus. Motif : beaucoup de victimes se sont plaintes de cette vaccination, elle avait entraîné chez elles une maladie du système nerveux, notamment de sclérose en plaques (SEP), celle-la même dont souffre peut-être le petit H. F.

Cause à effet

Une maladie dangereuse, invalidante et difficile à guérir. Ce qui ne fait que renforcer les soupçons qui pèsent sur un tel vaccin.
Cela dit, la décision du ministre français s’appuyait-
elle sur des données scientifiquement fiables ? En tout cas, cette affaire a déchiré toute la France, entre défenseurs et détracteurs du vaccin anti-hépatite B. Nombre de victimes ont même saisi la justice, qui a examiné la responsabilité du vaccin dans une sclérose en plaques. Un autre malade poursuit devant le tribunal de Paris le laboratoire SmithKline-Becham, fabriquant du vaccin en question. Les expertises scientifiques prolifèrent, qui incriminent cette injection. Sans jamais démontrer de manière précise le lien de causalité entre ces troubles et le vaccin.
Par ailleurs, nombre d’études scientifiques réalisées en France et en Angleterre ont montré le caractère néfaste du vaccin contre l’hépatite B chez les adultes qui, après injection, souffrent de troubles neurologiques conduisant à la sclérose en plaques. Il faut dire aussi que beaucoup d’argent est en jeu. Des intérêts colossaux.
D’où les conclusions mi-figue, mi-raisin de la communauté scientifique. Le petit H.F, qui risque la paralysie à vie, est-il victime du vaccin anti-hépatite B ? Une chose est sûre : ce vaccin, pour avoir fait l’objet d’une grosse controverse à l’étranger, n’est pas tout à fait sain. Il est urgent de se prémunir.

 

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