Mohamed Benaïssa exprime une nouvelle proposition pour Sebta et Mellilia
Un pays, deux sytèmes

Par Amale Samie

 


Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères.

 

La question de l’occupation par l’Espagne de deux villes marocaines, Sebta et Mellilia, est anachronique, selon le ministre marocain des Affaires étrangères, Mohamed Benaïssa.
Ce n’est une révélation pour personne et les deux pays en litige, le Maroc et l’Espagne, uniques riverains légitimes des deux rives du détroit, n’ont jamais fait de cette situation un casus belli, la souveraineté du Maroc sur tout son territoire sera fatalement reconnue, la préservation des intérêts économiques et du tissu social étant garantis à l’Espagne, lorsqu’elle daignera enfin saisir la proposition du Maroc de créer une commission mixte dont la mission serait de concilier deux points de vue divergents par la concertation. La révélation, par contre, c’est une déclaration faite par Mohamed Benaïssa au quotidien arabe Sharq Al-Awsat, édité à Londres. C’est une première, en réalité, le Maroc s’est fait plus clair en dessinant sans fracas les contours d’une future solution du problème. L’inspiration nous vient de loin puisque le ministre des Affaires étrangères a comparé la situation des présides à celle de Hong Kong:
“Le Maroc a proposé à l'Espagne de traiter cette question de la même façon avec laquelle ont été traitées d'autres colonies comme Hong Kong".
Il est fort possible que la position actuelle du Maroc soit proche de celle que préconisait la gauche espagnole, le parti communiste principalement, jusque dans les années 60-70.
Quant au reste, on s’en tient à cette thèse, le maintien des enclaves espagnoles de Sebta et Mellilia en territoire marocain relève d'une situation “exceptionnelle de colonialisme", “anachronique" et “contre-nature" a ajouté Mohamed Benaïssa. Bien que le qualificatif “contre-nature" soit à la fois rude et inusité. M. Benaïssa a aussi déclaré qu’il était “convaincu" que l'Espagne donnerait “prochainement suite" aux revendications de souveraineté marocaine sur ces parties de son territoire.

Une déclaration qu’il tempère en précisant

“Nous ne voulons pas porter préjudice aux intérêts socio-économiques de l'Espagne dans les deux présides occupés", a précisé Mohamed Benaïssa.
Le ministre proposerait-il implicitement son soutien pour la solution “un pays, deux systèmes" retenu par la Chine et le Royaume uni en 1997 pour Hong Kong?
Que va répondre l’Espagne à cette proposition?


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