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6ème Festival national du film à Marrakech
Le cinéma en fête
Le jury
du festival national du film sapprête à décerner
son palmarès,
à Marrakech, ville de couleurs et de lumière qui abrite
cette 6ème édition,
pas vraiment comme les autres. Organisée sous le haut patronage
de Sa Majesté Mohammed VI, la première édition du
3ème millénaire est placée
sous le signe de la relance et du renouveau.
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après
Rabat, Meknès, Tanger, deux fois Casablanca, cest au tour
de la ville rouge dabriter cette fête du cinéma, organisée
à un rythme en dent-de-scie depuis 1982.
Dès louverture le samedi 27 janvier, dans la soirée,
le ton était donné. La montée des marches, égayée
de musique de Gnawa et de Dakka Merrakchia, était pour le moins
panachée.
Emotion
avec les deux films palestiniens
Le directeur
du festival, M. Mehdi Qotbi, artiste peintre, vivant à Paris, a
su, grâce à son savoir-faire relationnel notoire, drainer
un public nombreux. Laffluence record na échappé
à personne cette année avec la présence de nombreuses
personnalités du monde du cinéma, de la culture et des arts
des deux côtés des frontières : 350 invités
nationaux, des réalisateurs marocains résidant à
létranger, des représentants des médias, 50
invités du monde entier...
Viendra à point nommé lallocution de M. Mohamed Achâari,
ministre de la Communication et de la Culture, pour insuffler une bouffée
despoir aux professionnels du film, en attente de mesures favorables
à lépanouissement du 7ème art au Maroc.
Principales dispositions annoncées par M. Mohamed Achâari
lors de la séance douverture du festival : laugmentation
du montant global de lenveloppe budgétaire allouée
au fonds daide à la production qui passe de 16 millions à
20 millions de dirhams par an et laugmentation de lenveloppe
publicitaire consacrée à la promotion du film qui passe
de 300.000 à 500.000 DH pour chaque film.
Après le discours, place au spectacle et à lémotion
avec la projection de deux courts-métrages palestiniens signés
Rachid Masharawi sur les thèmes Al Qods et Al
Intifada: Ghabach et Derrière le mur.
Les autres jours du festival se dérouleront aux
cadences des projections dans les trois salles de cinéma retenues
pour lensemble des films du festival dont Le Colisée, comme
salle officielle.
En tout : 32 films en compétition, dont 10 longs-métrages
et 17 courts-métrages, tous de production récente ne dépassant
pas deux années en moyenne, en plus de quelques films inédits.
Cest donc dans cette ambiance de fête, démulation
et de dialogue que les principaux concernés attendent le verdict
du jury qui sera prononcé le samedi 3 février à partir
de 20 h 30 au Palais des Congrès.
Présidé par M. Idriss Alaoui El Mdaghri et composé
de six membres (Leïla Chaouini, Khadija Assad, Hamid Bennani, Mahi
Binebine, Idriss Algass, Omar Bouragba), le jury de cette 6ème
édition se prépare à decerner 14 prix aux meilleurs
longs métrages, 2 aux meilleurs courts métrages. Quant aux
jury de la presse et le jury de la critique, composés de cinq membres
chacun, ils auront à primer les meilleurs long et court-métrage.
Mais quimporte les prix, pourvu que cette fête du cinéma,
caractérisée cette année par une profusion de la
production et par la révélation de jeunes talents de la
nouvelle génération, apporte la réconciliation définitive
entre le public marocain et son cinéma.
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Mohamed
Khaireddine, un écrivain peu commun qui a laissé derrière
lui une production romanesque et poétique qui dépasse de
loin les frontières et le place parmi les grands écrivains
de la fin du siècle passé, reste méconnu dans son
pays, le Maroc.
Mort en novembre 1995, lauteur dAgadir, son premier livre
paru au début des années soixante, a longtemps vécu
en France.. Son retour au Maroc na pas pour autant permis à
ses livres dêtre distribués et vendus normalement dans
les librairies marocaines.
Lanarchiste quil était, le bon vivant quil essayait
dincarner et lécrivain rebelle contre tout ordre établi
y compris les règles de la langue française, quil
maîtrisait par dessus bord, na pas eu laval des détenteurs
du pouvoir décrire en rond.
Malheureusement, ou heureusement cest selon, ce sont les Français
qui en ont découvert les les grandes qualités de lécrivain,
origianire de la régioin de Tafraout, donc imprégné
jusquaux bouts des ongles de la culture amazighe. Jean Paul Sartre,
la référence de la littérature française,
des décennies durant, a toujours apprécié les écrits
de feu Khaireddine, quil considérait comme lun des
meilleurs écrivains de langue française au monde.
Et ce nest pas Olivier Monjin, philosophe et responsable de la célèbre
revue Esprit qui dira le contraire. Loin de là. Invité à
un hommage organisé vendredi 26 janvier 2001 à linstitut
français de Rabat, il a peint le portrait de son ami et auteur
préféré quétait lauteur dAgounchiche.
Il appellera au passage les amis de Khaireddine, Marocains et Français,
à rassembler et rééditer les livres de Khaireddine.
Son imprimeur et compagnon pendant trente ans, Jean-Paul Michel, lui a
parlé de la vie que menait lécrivain. Dépensier
certes, buveur et grand bosseur à la fois, ses livres, dira M.
Michel, sont étonnants en ce sens quà chaque relecture
de lun de ses textes, on découvre du nouveau, une idée
passée inaperçue à la lecture précédente...
Lhommage qui sest prolongé jusque tard dans la nuit
de vendredi à samedi aura au moins permis de relever que la création
originale restera vivante pour toujours. Il y avait Driss Bellamine, Mustapha
Nissabouri qui nous a rappelé lépisode de Souffles,
la revue des années soixante autour de laquelle sest cristallisé
le premier noyau de lextrême gauche marocaine et où
M. Khaireddine faisait des contributions presque régulières,
Fouad Bellamine lartiste, Bziz, lhumouriste, Moumen Shimi,
Touria Jabrane, et jen passe...
La rensontre nous a permis de mesurer le fossé qui nous sépare
de notre héritage commun. Mais aussi davoir la promesse des
éditions Tarek de rééditer lensemble des livres
de feu Mohamed Khaireddine... Enfin lhommage a permis de rassembler
- ce nest pas une mince affaire par ces temps qui courent - des
dizaines décrivains, artistes et intellectuels marocains
et quelques français qui avaient en commun ce soir là, lamitié
et le respect pour Khaireddine...
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Cest
avec plaisir que le téléspectateur marocain, catapulté
dimanche dernier sur La Cinquième a fait cette rencontre inattendue
avec le documentaire consacré à la vie du Sultan Sidi Mohamed
Ben Youssef.
La télévision européenne ne nous a pas habitués
à cela ces derniers temps, entre la très médiatique
affaire des hebdomadaires interdits et la non moins médiatique
marche contre le plan dintégration de la femme, qui continuait
jusquà ce samedi 27 janvier à livrer ses suites.
Le magazine Envoyé Spécial y consacrait en effet, une large
part dans un reportage sur les Femmes Marocaines, entre La vache folle
et Les branchés ringards.
Retour
triomphal
Avec ce
documentaire, La vie et le règne de Mohammed V réalisé
par Ahmed el-Maamouni et diffusé dans le cadre de lémission
: Le sens de lhistoire, cétait cinquante-deux minutes
dexploration dun passé très proche, sur la base
de précieux documents darchives et de témoignages
multiples de personnalités qui ont vécu directement les
événements ou qui les ont étudiés de près
: Malika el-Fassi, Abderrahman Youssoufi, Mahjoubi Aherdan, Jean Lacouture...
Au programme : le portrait de Feu Mohamed V ; sa vie depuis son intronisation
en 1927 jusquà sa mort en 1961; sa personnalité -
On le disait docile, il se révélera être Le
Roi des nationalistes - son rôle dans le mouvement national
et dans laccession du pays à lindépendance ;
la noblesse et la dignité de son soutien à la France affaiblie
en 1939 ; la conférence historique dAnfa et le soutien à
peine voilé de Roosevelt ; la grève du sceau ; lexil
; lintronisation dun roi fantoche ; le soulèvement
du peuple exigeant le retour de son sultan ; jusquau retour triomphal
en 1955 de Sidi Mohamed Ben Youssef qui mettra le pays sur la voie de
la liberté et de la reconstruction sociale.
Cest par la même occasion, un demi-siècle de notre
histoire qui a été exploré, et avec la face hideuse
du Protectorat, les divisions territoriales, linfâme dahir
berbère, les répressions sauvages contre la résistance.
En somme, une occasion rêvée pour revenir sur des pages,
toujours à redécouvrir, de notre mémoire.
La vie et le règne de Mohamed V
Dans Le sens de lhistoire
sur la Cinquième.
Dernière diffusion :
Dimanche 28 janvier 2001
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