L’ex-gouverneur Hassan Rahmouni refait l’actualité
Probité et compétence

Revenu à des occupations certes prestigieuses, mais sans commune mesure avec des aptitudes dont le Maroc du renouveau semble avoir amplement besoin.

Par Bachir Thiam

 

• Hassan Rahmouni.

 

Docteur d'État en droit de l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Polyglotte et éminent juriste -au moins un pays africain fonctionne encore avec une constitution dont il est l'auteur-, il se vit confier diverses missions ponctuelles avant d'être nommé directeur des Affaires générales au ministère de la Communication, puis gouverneur de Mohammedia pour succéder à l'actuel ministre de l'Intérieur, et d'Ain Choc Hay Hassani à Casablanca où il s'est particulièrement illustré par sa probité et sa compétence. À l'instar de bien d'autres cadres supérieurs marocains, de sa génération ou non, mis à l'écart par le tout-puissant ex-ministre de l'Intérieur, il est retourné à ses prestigieuses occupations certes, mais sans commune mesure avec des aptitudes dont le Maroc du renouveau semble avoir amplement besoin. Hassan Rahmouni, c'est de lui qu'il s'agit, a plus d’une corde à son arc.
Il (re)fait l'actualité. Invité, à nouveau au printemps prochain, à animer un cycle de conférences au Département des Sciences politiques à l'université de
l'État d'Indiana à Terre Haute, et à la School of Law de Indiana University à Indianapolis, (après en avoir animé d’autres en mars 2000 à Purdue University, West Lafayette et à Wayne State University, Detroit, Michigan), il renoue avec ses vieilles habitudes de bourlingueur.

Ambassadeur hors-pair

Entre 1981 et 1986 en effet, parallèlement à ses fonctions d'enseignant à l'université Mohammed V et à l'Académie royale militaire de Meknès, il fut sollicité pour dispenser des enseignements aux États-Unis. On le retrouva alors en tant que Visiting-Professor à Michigan State University en 1981, puis comme Fulbright Scholar -les initiés décrypteront- à la School of Government de George Washington University en 1984, comme juriste-chercheur sur le droit américain au Schloss Leopoldskron de Salzburg en Autriche en 1985 et sur les droits de l'Homme dans le monde arabe à l'Instituto di estudi criminali de Syracusa, Sicile, Italie en 1986. Hassan Rahmouni, tel un pèlerin tient son bâton en main pour aller d'un point à un autre, défendre sa propre science et les intérêts du Maroc. Il n'est pas un ambassadeur, mais ambassadeur de son pays.
À la fin des années quatre-vingt, il sillonne les capitales européennes en compagnie d'ex-membres dirigeants du front Polisario ayant rallié la mère Patrie. Cette fois-ci pas pour trôner dans les amphithéâtres, mais en véritable stratège de communication. Son objectif: attaquer l'ennemi dans ses derniers retranchements médiatiques en faisant retourner contre lui ses armes de guerre: les associations, les organisations non gouvernementales et les media autrefois leurrés par une propagande à apparence humanitaire. Ce très bon point pour l'image du Maroc n'aura pas empêché pour autant The Professor, comme ils aiment à le surnommer outre-Atlantique, de garder les pieds sur terre. Il renouera avec sa science qui lui colle à la peau. Le début des années quatre-vingt-dix le remit en selle. Son périple le mena dans plusieurs capitales africaines dans des missions hautement constitutionnelles cette fois-là. Son empreinte indélébile est apposée sur des documents précieux à Malabo en Guinée-Équatoriale et à Brazzaville au Congo où il séjourna. Harare, la capitale zimbabwéenne et Tunis le virent quant à elles conduire la délégation marocaine aux conférences des non-alignés et de la Ligue arabe sur la presse et les médias. Nouakchott, Alger et Tripoli l'accueillirent, à leur tour.
Ce natif sous le signe zodiaque de Sagittaire, jour pour jour un an après la déclaration universelle des droits de l'Homme, a de qui tenir son intégrité: son travail et sa vivacité. Alors élève en terminale au Lycée Mohammed V de Casablanca, SP. Anglais, son professeur le propose pour aller passer son second bac aux États-Unis. On est l'année scolaire 1967-1968. Un choix qui ne surprit personne en tout cas pas ses promotionnaires, encore moins le corps professoral et administratif du lycée.

Exemplarité à toute épreuve

Les différentes et élogieuses appréciations des conseils des classes sont passées par là: “élève hors classe, volontaire", "élève d'une rare vivacité d'esprit, sérieux, travailleur"... Août 1968, il embarque à Rotterdam à bord du Ryndam, le campus universitaire flottant, à destination de New York pour s'inscrire au Fairfax High School en Virginie. Son High School Diploma en poche, il retourne à l'Université Mohammed V suivre des études en droit public et en Sciences Po, d’où il sortit major de sa promotion.
Sérieux, vivace, volontaire, Hassan Rahmouni l'est davantage. Aïcha Belarbi Alaoui, présidente de l'Union des femmes de Casablanca, parle de lui en termes de clairvoyance, d'abnégation. Le RNI Dakir Abdelkader, conseiller communal et député à Bouskoura le dépeint en tant que modèle même de responsable, un exemple de l'administrateur moderne doté d'une culture de gouvernance sans commune mesure. Il dit de lui: "sa simplicité, son efficacité et son intelligence dans le travail sont incomparables. Son éviction des affaires publiques est une grosse perte pour l'admistration marocaine". Noubir Amaoui, le patron de la CDT, Hassan Chami, le patron du patronat marocain, l'ont également vu à l'œuvre dans le règlement du conflit Facemag à Sidi Maarouf. Ahmed Faras, ballon d'or africain, lui reconnaît sa touche d'animateur sportif: le tournoi nocturne de mini-foot et l'école de foot des Lionceaux de l'Atlas en portent encore l'empreinte.

 

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