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Il ne peut
sortir rien de bon de la guerre que se livrent les islamistes et le pouvoir
pour le contrôle des zaouias. Dun côté les islamistes
qui jettent des clins dil appuyés aux responsables
de ces lieux de culte pour en faire des prêcheurs convaincus et
de lautre le pouvoir qui cherche à étendre sa mainmise
sur le fonctionnement des zaouias au- delà du contrôle classique
auquel néchappe aucune confrérie. Objet de toutes
les convoitises, les confréries séduisent les uns et les
autres par une capacité de mobilisation toujours aussi vivace.
Aux jeunes qui ont le sens du sacré, les Turuq proposent une approche
religieuse basée sur des spiritualités différentes.
Aux aigris de lintégrisme, elles proposent un mysticisme
qui vise l'approfondissement et le perfectionnement de la spiritualité
au-delà des querelles de chapelle. Contrairement aux idées
reçues, au-delà du souci de former un ordre religieux, les
cheikh soufis se sont avant tout avant tout souciés de ce que doit
être le musulman, de ce qui constitue généralement
sa vie spirituelle, des devoirs qui lui incombent non seulement par rapport
à la religion mais également dans ses rapports avec la société.
Si l'on se réfère à leurs écrits, le soufisme
constitue un cadre
d'élévation spirituelle et sociale du musulman. En réalité,
en plus de leur fonction religieuse et spirituelle, les zaouïas avaient
aussi une fonction d'intégration sociale, politique ou économique
pour une collectivité locale. Par son caractère modéré
et pas spécifiquement ésotérique, le soufisme marocain
reste fortement impliqué dans le social. Au début du XXe
siècle se sont formées au Maroc des zaouïas autour
desquelles se sont greffées des confréries qui, avec l'affaiblissement
du pouvoir central, jouaient à lépoque un rôle
politique évident.
Lhomme de la rue ne connaît de ces réalités
que la perversion concrétisée par des pratiques superstitieuses
relevant d'un certain paganisme. Pourtant, les guides spirituels qui se
sont succédés à la tête de confréries
comme la Tijania , la Qadiria ou dautres , ont été
les premiers à combattre ce paganisme et ont laissé à
leurs disciples un enseignement des plus riches où lhomme
voit dabord à lextérieur ce quil porte
en lui-même. Avant de commencer un voyage qui doit le conduire vers
son être intérieur et, de là, vers la connaissance
de Dieu , en application du hadîth célèbre: "Qui
se connaît soi-même connaît son Seigneur" . Le
Coran nest-il pas descendu du monde du mystère pour appeler
les hommes à la voie de la servitude, base dune rectitude
sans cesse renouvelée ? Par la mise à lépreuve
par linterdiction, la Loi dans son aspect restrictif, lenseignement
soufi permet à lhomme de cueillir durant sa vie terrestre
des fruits de la connaissance.
En tout cas, le regain de vitalité qui secouent les confréries
et qui fait que le politique et le religieux se bousculent au portillon
des zaouias donne aux confréries une nouvelle légitimité
politico-religieuse. Quant à lusage qui en sera fait, il
dépend de la capacité des héritiers du soufisme à
résister aux sirènes du pouvoir. Ibn Arabi, un autre grand
disait déjà à lépoque : "Tu es
à jamais voyageur, de même que tu ne peux tétablir
nulle part ".
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