Profil d’un journaliste controversé
PRIX

EXPOSITION
CONCERT


Profil d’un journaliste controversé
QU'EST-CE QUI FAIT COURIR ALI LMRABET?

 

Ali Lmrabet, directeur de la publication de Demain, est chargé de tous les mots. Agent du Mossad, pour les uns, à la solde des services français et espagnols pour les autres. Journaliste excessif, ce Rifain n’est pas du genre à avoir sa langue dans la poche. C’est peut-être pour cela qu’il a suscité des animosités partout…

 

Par Abdellatif EL AZIZI

 


• Ali Lmrabet, directeur de la publication de Demain.

 

Selon les Islamistes du Parti de la justice et du développement, Ali Lmrabet serait un agent du Mossad. Avec une titraille musclée, Al Asr et Attajdid, deux hebdomadaires islamistes, ont fait leurs choux gras de l’entretien accordé par le directeur de l’hebdomadaire Demain à la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, il y a trois semaines de cela.
Sur le plateau de l’émission "Les Ciseaux de la censure ", M. Lmrabet aurait affirmé qu’il " existe une activité de l’appareil du Mossad sur le territoire du Maroc, avec un soutien et une coordination de la part du gouvernement".
Les deux publications des islamistes modérées ne se dépêchent pas moins de rapporter les paroles du journaliste qatari, un peu interloqué par ces propos, voire même inquiet : " Nous voulions convenir d’un rendez-vous avec M. le Premier ministre. Nous avons contacté son conseiller de presse… Cette fois, tous les responsables marocains se sont excusés de ne pouvoir
organiser de rendez-vous: je n’en connais pas la raison. Nous avions l’intention de demander au Premier ministre de rediffuser l’émission en y ajoutant sa réponse, à des déclarations inquiétantes, comme celle d’Ali Lmrabet qui dit s’attendre à un retour du bureau de liaison , mais sous la forme d’une ambassade "… Il est du Mossad ou il accuse le Mossad d’investir le Maroc ?

Accusations

Le problème, c’est que Ali Lmrabet n’est pas uniquement un agent du Mossad, on dit également que c’est une taupe des services espagnols qui roule aussi pour les renseignements français. Et au rythme où vont les choses, on lui découvrira bientôt une fibre KGB. Sur l’origine du financement de sa publication, il balaie les accusations diverses en invitant quiconque le désire à fouiller dans sa comptabilité. " Mes comptes sont les plus clairs de la profession. Ce qu’on colporte à ce sujet n’est ni plus ni moins que la preuve que Demain est un journal qui dérange. On raconte même que je suis prêt à mettre la clé sous le paillasson, alors que nous jouissons d’une santé financière à toute épreuve ".
D. Jekill et M. Hyde, il est plus souvent M. Hyde, l’iconoclaste patron de Demain dérange forcément. Son passage à l’hebdomadaire Le Journal n’est pas passé inaperçu. Sur des sorties intempestives, les dérapages ne sont jamais bien loin, mais notre confrère s’en est toujours sorti sans trop de casse. De jolis coups qui ont fait de cet hebdomadaire à peine naissant une publication au lectorat avide de révélations. Redresseur de torts pour les uns, tête brûlée pour les autres, carrément timbré pour les victimes de ses écrits sulfureux, M. Lmrabet est sans conteste un personnage atypique.

Goût

Venu au journalisme par accident, il s’est vite pris au jeu : " J’avais écrit un papier dans la tribune populaire pour dépanner un copain. Par la suite, j’ai travaillé au Quotidien du Maroc. Après trois mois, j’ai claqué la porte parce qu’on m’avait refusé la publication d’un article sur les enjeux politiques et économiques de l’après Ali Yata ".
Il explique pourtant qu’il s’agit là certes d’un trait de caractère évident mais, " c’est avant tout une façon de voir ce métier ". Une façon de voir qui n’est pas du goût de tout le monde puisque M. Lmrabet compte peut-être autant d’amis que d’ennemis. La position de "ses détracteurs", il fait mine de ne pas la comprendre " Nous respectons les trois champs qui méritent respect, à savoir, la religion, la monarchie et l’intégrité territoriale, pour le reste le champ est libre. Dans les limites de la loi, bien entendu.
La législation en la matière est déjà assez lourde pour qu’on ait besoin d’en rajouter ". Dans ce style baroudeur, on pourrait voir un trait rifain mais plus qu’un Maroc mythique, M. Lmrabet cherche à mettre son grain de sel dans une vie politique en parfaite déliquescence.

Excès

Lorsqu’il trouve les hommes politiques désespérément "lourds", inintéressants, lorsque la situation politique est bloquée par ces mêmes hommes politiques, il revendique le droit de le clamer haut et fort " on dit que je suis excessif, ce n’est pas moi qui est excessif, c’est la situation politique et sociale du pays qui l’est ! "
Quant aux " quelques plumes fameuses " qui l'ont moqué, il n’hésite pas à les remercier tant cette publicité gratuite le ravit. Pour ce fils d’une famille très modeste, son père était chaouch, le secret de la vie réside dans la capacité à se moquer des choses, dans la parodie des grands de ce monde. Vision forcément peu orthodoxe mais quelqu’un disait que " rien ne se connaît que par la différence".

Vert le haut de la page



PRIX

Le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi s’est vu attribuer le Prix Atlantida au lecteur fameux de l’an 2000. Ce prix est décerné annuellement par l’association des éditeurs de Catalogne, en Espagne.
M. Youssoufi a reçu cette distinction pour son "ardent goût pour la lecture et sa trajectoire personnelle en tant qu’homme politique et éditeur, dans la promotion des valeurs de la culture et de la liberté d’expression". C’est le ministre des Relations avec le Parlement, Mohamed Bouzoubaâ, qui a reçu à Barcelone ce prix au nom du chef de l’exécutif, devenu la première personnalité du sud de la Méditerranée à se voir décerner l’Atlantida.

Vert le haut de la page



EXPOSITION

Dans le cadre de la deuxième semaine culturelle néerlandaise à Casablanca, organisée par le Complexe culturel Moulay Rachid, la Fondation Actua de la Banque Commerciale du Maroc accueille du 20 au 25 novembre dans son espace d’art deux expositions de quatre artistes contemporains des Pays-Bas.
La première exposition intitulée " Exactitudes " réunit les photographies du tandem Ari Versluis et Ellie Uyttenbroek qui se sont penchés sur les effets de la mondialisation et de la société de consommation sur les individus. La seconde, sous l’intitulé de "L’essence des six sens" propose les travaux de peinture sur toile de Maritsa Van Luttikhuizen et Ferdinand Sikken. À travers le soutien de cette manifestation, la Fondation Actua ambitionne de favoriser l’échange interculturel et consolider ses relations avec les Pays-Bas.

Vert le haut de la page



CONCERT

De Groupe Musica Antigua a présenté son concert "L’Espagne des trois cultures" dans trois villes marocaines. La première présentation a eu lieu le 10 novembre à Essaouira. Les deux autres ont été abritées par Marrakech et Agadir, les 11 et 13 du même mois. Ce groupe, dirigé par Eduardo Paniagua, s’est produit au Maroc dans le cadre du programme culturel spécial "Marruecos 2000-2001", à l’initiative du secrétariat d’État espagnol à la Culture, en collaboration avec le ministère marocain de la Culture et de la Communication, les services culturels et de coopération de l’Ambassade d’Espagne et les centres de l’Institut Cervantes au Maroc.

Vert le haut de la page


Retour