Fil Direct rassemblé par Abdellah CHANKOU
JUSTICE
MAFIAS
AMIANTE
RADIO-ISLAM
SONDAGE



JUSTICE

•Omar Azzimane


Sale temps pour les députés ripoux. Les dossiers des députés impliqués dans diverses affaires louches vont être sérieusement examinés, dans la semaine qui vient par la Cour Spéciale de Justice. Chèques sans provision, expropriations foncières, abus de pouvoir, détournements de deniers publics, les députés qui avaient jusqu’à présent bien magouillé à l’abri de la coupole déchantent. Il semble que le discours prononcé par SM le Roi Mohamed VI devant le Parlement ait définitivement convaincu les magistrats de la Cour Spéciale de Justice de s’intéresser de très près aux pratiques douteuses d’un certain nombre de parlementaires. Comme l’indépendance de la justice est inscrite à l’ordre du jour des réformes initiées par le Souverain, elle devient opérationnelle quand le pouvoir judiciaire devient réellement indépendant du Parlement et de l’Exécutif. Le ministre de la Justice Omar Azzimane est attendu sur ce dossier.

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MAFIAS

•Mohamed Betchine


Quand un ancien journaliste, du quotidien algérien El Watan de surcroît, s’intéresse à la corruption du régime algérien, cela donne un ouvrage à l’intitulé sulfureux Corruption et démocratie en Algérie. De fait, Jillali Hajjaj décrit au scalpel les mafias de la santé et de l'agroalimentaire qui ont mis l’économie algérienne à genoux. À titre d’exemple, les généraux imposent à l’Algérie de payer ses médicaments (près de 3 milliards de FF par an) de vingt à cent fois plus cher que leur prix sur le marché. La plus-value est partagée entre militaires et affairistes du pouvoir en Algérie. D’ailleurs dans un numéro récent, la revue Challenges avait rendu publique la fortune de quelques caciques du pouvoir. Brahim Hadjas, PDG d'Union Bank, protégé du général Betchine est à la tête d’une fortune de 5 à 10 milliards de FF; Mustapha Aïd Adjedjou, PDG des Laboratoires pharmaceutiques algériens (LPA) pèse 30 milliards de FF, Slim Othmani, PDG des Nouvelles conserves algériennes, a amassé un pactole de 10 milliards de FF et enfin le fameux Djilali Mehri spécialisé dans les réseaux islamistes proche-orientaux possède des galeries d'art en France qui sont estimées à plusieurs milliards de FF. Le président Boudiaf a d’ailleurs payé de sa personne pour avoir clairement annoncé sa détermination à en découdre avec le "syndicat du crime".

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AMIANTE

• Miloud Chaâbi


Il a suffi à Miloud Chaâbi d'attendre pour prendre sa revanche. Au conseil des ministres du 19 octobre 2000, un décret a été adopté "sur la protection des travailleurs exposés aux poussières d'amiante". Or, le groupe Chaâbi, qui produit de l'amiante-ciment, a toujours été en conformité totale avec les dispositions de la réglementation qui vient d'être publiée au Bulletin officiel. En fait, Miloud Chaâbi a été victime d'une méprise technique et d'une cabale autoritariste.
L'amiante qui fait scandale, à juste titre, en France et un peu partout en Europe, est celle qui utilise le procédé dit de flocage. C'est-à-dire l'injection sous pression de fibres d'amiante qui deviennent poussière mortelle lorsqu'elles collent aux poumons après avoir été inhalées. Dimatit, spécialisé dans la fabrication de canalisations, utilise l'amiante comme armature. Le produit est définitivement inerte. Il ne dégage donc plus rien. Miloud Chaâbi accuse l'ancien ministre d'État à l'Intérieur d'avoir délibérément fait l'amalgame pour nuire à son groupe. Lui-même fait le lien entre ses déboires électoraux et la décision de mise en chômage technique qui a frappé son usine de Kenitra, APCO, et coûté leur emploi à quelque 2000 travailleurs.
Toujours est-il que le nouveau décret lève un interdit et dissipe une suspicion qui n'était fondée sur aucune expertise spécifique.

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RADIO-ISLAM

•Ahmed Rami


Le 18 octobre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Ahmed Rami, dirigeant du site internet Radio-Islam à 300 000 de FF d’amende (1FF=1, 5 Dh). Le lieutenant Ahmed Rami, ex-aide de camp du général Oufkir vit en exil depuis la tentative du putsch de 1972. La condamnation est lourde et exceptionnelle en matière de délit de presse. Ahmed Rami était poursuivi pour diffusion d’un tract raciste sur son site. Le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme, et pour l’amitié entre les peuples, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme et l’Union des étudiants juifs de France s’étaient constitués partie civile. Le texte de Rami était diffamatoire envers la communauté juive puisqu’il comparait le sort des Musulmans en Palestine au sort des Juifs durant le nazisme.

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SONDAGE

Dans un sondage commandé et publié le 26 octobre par le quotidien algérien Liberté, on apprend qu’une large majorité d'Algériens, 53,9 % contre 34,8, sont pour l’ouverture des frontières entre le Maroc et l’Algérie. Il y a des familles des deux côtés de la frontière, elles ont assez souffert des "contournements" de pays et de capitales. Il y en a assez des liaisons aériennes capricieuses et en tout cas pénalisantes pour les familles mixtes. Et des familles mixtes, il y en a, entre Taza et Oran, principalement. Celles-là devraient au moins disposer d’un statut spécial et strictement provisoire, le temps pour la politique d’apaisement de reprendre ses droits.
Selon la presse algérienne, "la réouverture de ces frontières est le préalable à toute tentative d'intégration économique régionale, mais elle se heurte, notamment, à l'hostilité d'un puissant lobby de contrebandiers". Peut-être bien, mais en admettant même qu’un lobby de contrebandiers sévisse aussi au Maroc, n’est-il pas lamentable que ces lobbies dictent leur politique extérieure à deux États souverains?

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