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Le premier
Conseil de gouvernement après le remaniement ministériel
du 6 septembre nest pas passé inaperçu. Ce nest
pas la présence de quatre nouveaux visages qui a marqué
cette rencontre du 12 septembre à Rabat, mais cest le ton
avec lequel Abderrahmane Youssoufi sest adressé à
ses ministres.
Le Premier ministre socialiste veut passer à la vitesse supérieure.
Il semble que M. Youssoufi a pris enfin conscience du facteur temps qui
bouscule lagenda de son cabinet. Deux ans seulement nous séparent
des prochaines législatives. Et le gouvernement dalternance
na pas encore concrétisé ses bonnes intentions.
À lexception de ladoption de plusieurs textes et la
mise sur pieds dun bon nombre de projets, les citoyens nont
pas senti le moindre changement dans leur vie quotidienne.
En sadressant à ses ministres, Abderrahmane Youssoufi leur
a rappelé de se référer à sa lettre dorientation
du 25 mars 1998. Cest cette même lettre quil considère
comme un " document de référence " qui a suscité
lengouement des citoyens pour laction gouvernement et réveillé
en eux de nouveaux espoirs. Deux ans et demi plus tard, les commandements
du Premier ministre sont restés de simples vux, malgré
la bonne volonté du leader socialiste.
Promotion
Cette fois-ci,
il semble que M. Youssoufi est décidé de faire bouger les
choses. Mais, faut-il bien que le gouvernement se départît
de sa lenteur, de son hésitation et de son manque de communication,
comme lavait réclamé le secrétaire général
du Parti de lIstiqlal Abbas El Fassi, qui a rejoint léquipe
gouvernementale en tant que ministre de lEmploi, de la Formation
professionnelle, du Développement Social et de la solidarité.
Ainsi, le Premier ministre dispose dun atout considérable
pour donner une nouvelle vie au volet social. Là où laction
gouvernementale trébuche et manifeste de grandes défaillances.
Lors du conseil de gouvernement, M. Youssoufi sest attardé
sur le problème de lemploi qui fait des ravages au sein de
la société. M. El Fassi a du pain sur la planche. Son Premier
ministre propose "le développement des secteurs à même
de drainer une forte valeur ajoutée" pour faire baisser le
taux de chômage.
Le ministre de lEmploi, de la Formation professionnelle, du Développement
Social et de la solidarité devra faire face à son premier
dossier brûlant. Abbas El Fassi, qui a longtemps critiqué
le travail du gouvernement, soffre sur le dossier de lemploi
dune bonne opportunité pour mettre en exécution ses
idées rénovatrices et sa vision de la chose politique. Après
deux ans de sécheresse, la promotion du monde rural figure à
la tête des priorités de M. Youssoufi. Sur cette question,
la stratégie gouvernementale devra porter sur "le renforcement
des infrastructures économiques et du secteur de léconomie
sociale ", selon les termes du Premier ministre. Mais, que peut faire
Ismail Alaoui, nouveau ministre de lAgriculture, du Développement
rural et des Eaux et forêts, si le ciel ne se montre pas clément
cette année ?
Passé de lÉducation nationale à la tête
du département de lAgriculture, en remplacement de Habib
Al Malki, qui a apparemment fait les frais de deux années de sécheresse,
M. Alaoui hérite, lui aussi, dun dossier épineux.
Et il doit désormais prier pour que la pluie tombe, sil veut
réussir dans sa mission.
Le discours de Abderrahmane Youssoufi est de nouveau porteur despoir.
Cependant, il serait dangereux pour lavenir du Maroc que les deux
ans restant de la vie de son nouveau napportent aucun changement.
Donc, il faut absolument passer à la vitesse supérieure.
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