Culture rassemblé par Taeïb CHADI

 

La 21ème édition du festival d'Asilah du 4 au 18 août 2000
Le cinéaste français Claude Sautet est décédé
Maroc- médina, médinas, un voyage dans l’univers de la photo
Homeland est le nouvel album de Miriam Makeba
LE CMA À BRUXELLES
ARTS POPULAIRES
LES FEMMES CONTRE L’IMAM
2M À ERRACHIDIA
LE MAROC VU PAR LE CANADA
BELKAHIA À LYON



La 21ème édition du festival d'Asilah du 4 au 18 août 2000

FÊTE ESTIVALE

 

• Mohamed Melehi.

 

Asilah ! On ne peut pas évoquer le nom de cette petite ville, vouée à l'océan, sans parler de son festival estival.
L’idée était de désenclaver Asilah et en faire un carrefour. Cet espace où rien ou presque ne se passe le long de l’année. L'idée était également de trouver un concept, un événement de nature culturelle dont Asilah soit fière. Le projet était d'organiser l'été de chaque année une semaine culturelle pendant laquelle le mode de vie de cette ville puisse prendre un autre rythme et une autre allure. À travers des rencontres entre intellectuels arabes et africains, des expositions des arts plastiques de jeunes comme d'artistes confirmés et des soirées musicales susceptibles de faire parler d'Asilah.

Accueil

C'est ainsi qu'a commencé la première édition du festival en 1978, avec, certes des moyens de bord modestes, mais avec des ambitions illimitées. Les éditions se suivent et le festival s'enrichit, grandit et prend de l'ampleur. Un véritable souk d'Okad des temps modernes où les idées s'affrontent, divergent pour ensuite converger. Colloques, tables rondes, penseurs, chercheurs et artistes dialoguent et s'échangent. Chaque année, le festival est placé sous de nouveaux signes, nouveaux thèmes avec en permanence un véritable échange et dialogue avec le Monde arabe, l'Afrique, l'Amérique Latine et la Péninsule Ibérique. Cette diversité ne fait qu'enrichir le festival d'Asilah, édition après édition. Elle en a fait un rendez-vous culturel très attendu, l'été de chaque année.
Cette année, le menu de la 21-ème édition du festival prévoit des colloques sur "la démocratisation vue par le sud", "la poésie et le problème de la communication" et "la culture andalouse (de) demain". l'Université d'été Al Mouatamid devra ainsi accueillir des intellectuels de différentes nationalités pour débattre de ces thèmes autant politiques que culturels.

Hommage

La poésie est au cœur du festival. D’abord un hommage sera rendu au poète marocain Mohamed Serghini. Ensuite, la création pour la première fois d’un prix pour les jeunes poètes arabes du nom de Buland Al Haidari. Selon les organisateurs, ce prix aura "à récompenser un talent prometteur qui s'est distingué par une œuvre d'une grande valeur artistique à travers un recueil ou plus, et dont l'apport permet d'ouvrir d'autres horizons dans cette discipline".
Les arts plastiques devront, toutes tendances réunies, s'éclater encore une fois cette année. Ainsi, sous le thème: "peinture émergente", le Palais de la culture abritera les œuvres de l’artiste peintre péruvien Herman Braum-Vega, du français Jacques Charrier et de cinq peintres catalans. Des gravures du Québec seront également exposées par Monique Pourtales ainsi qu'une exposition du cinéaste marocain Daoud Aoulad Sayd sous le thème "Un Marocain en Amérique". La musique ne fera pas du tout défaut. Au contraire, côté mélodie, le menu est aussi riche que varié. Ainsi des musiciens argentins, autrichiens, belges, brésiliens, espagnols, indiens, maliens, péruviens, tunisiens et sénégalais animeront chaque soirée de cette 21-ème édition. Bon spectacle.

Vert le haut de la page



Le cinéaste français Claude Sautet est décédé

LA DERNIÈRE MARCHE

 

Le cinéaste français Claude Sautet est mort samedi 22 juillet, emporté à 76 ans par un cancer du foie.
Sautet a pratiqué le cinéma comme un musicien, dans une sorte de communion avec l'instrument, l'acteur. Son approche, si près des gens et des sentiments, son style, dégagé des concepts et d'un élégant dépouillé, a marqué plusieurs générations de cinéphiles, qui se sont reconnus dans l'élan romanesque d'Une femme à sa fenêtre, dans la révolte de Max et les ferrailleurs, dans la détresse muette d'Un mauvais fils, film méconnu avec un formidable Patrick Dewaere, et même derrière le masque de bouffon de Garçon !
Né en 1924, Claude Sautet se consacre d'abord aux arts décoratifs avant de se tourner vers le cinéma.

Radiographie

Pendant une dizaine d'années, il vivote et pratique tous les métiers de l'ombre, avant de signer un premier court métrage (Nous n'irons plus au bois, en 1951), puis un film de commande, Bonjour sourire (1956), vite passé à la trappe.
Réalisés en marge de la Nouvelle Vague, à laquelle Sautet n'adhérera jamais, ses deux premiers films, efficaces polars avec Lino Ventura (Classe tous risques, en 1960, et L'Arme à gauche, en 1965) le font connaître du grand public, avant que Les Choses de la vie ne le consacrent, en 1970, "radiographe" de la bourgeoisie française.
Une bourgeoisie dont il filmera ensuite les états d'âme et les débordements au gré d'une œuvre à sourdes secousses, dont les quatorze longs métrages pourraient porter le titre Une histoire simple, de celui de son ultime collaboration, en 1978, avec la lumineuse Romy Schneider, dont le personnage de Marie est devenue en France le symbole de la femme libre et heureuse.
La musique était pour lui une passion, qu'il n'avait jamais aussi bien conjuguée au cinéma que dans Un cœur en hiver, film de chambre majeur et tendu, enroulé dans les Trio et Sonates de Ravel dont Sautet vantait l'éblouissante interprétation par Jean-Jacques Kantorow, reprise sur la bande sonore du film. Remplacez les mots musicien et musique par "cinéaste" et "cinéma", et voilà l'essentiel de Claude Sautet révélé aux vivants, un peu plus seuls, néanmoins, depuis son départ.

Vert le haut de la page



Maroc- médina, médinas, un voyage dans l’univers de la photo

DES MOTS ET DES IMAGES

 

• Le quartier des Habous à Casablanca.

 

Des photos. Elles ne sont pas mobiles. Elles sont fixes. Fixes, comme si elles veulent fixer, arrêter le temps autour de l’objet qu’elles ont pris dans leur cadre, le temps d’un flash. C’est cette impression que dégage un regard survolant les 144 photographies qu’offre à voir et à lire Maroc- médina, médinas. Une exposition qu’accueillent les 191 -ou 192- pages de cet ouvrage broché et au format 25 x 25 cm.
Publié par Métamorphoses, ce livre est l’œuvre de 12 photographes marocains et étrangers. Chaque photographe a consacré et s’est consacré à une et une seule ville. Chacun d’eux a usé un peu de son boîtier et beaucoup de sa sensibilité pour mettre en pellicule un instant éphémère, une lumière fuyante ou un espace prêt à poser.

Désordre

Le développement, après rinçage des clichés, a créé une nouvelle Casablanca faite et refaite, cette fois-ci, par Yves Jeanmougin.
Ce Marseillais, natif de la ville d’Anfa, propose 12 images sans liens apparents sinon Casablanca qui s’adonne aux voyeurs et autres guetteurs de l’être et du paraître. Des hommes aux chambres à air par ici, Une mère et son gosse au marabout de Sidi Bousmara, par là, ou un dédale d’écurie dans l’autre côté. Ce désordre à l’œil nu, noir dans l’univers agencé de Casablanca. Celle en liesse. Celle en peine.
Sans transition, Lamia Naji met le cap au sud. Direction Essouira où Lamia nous sert un peu du réchauffé. Du déjà vu, après le grand Orson Wells, avec un petit effort au niveau du contraste entre le sombre, l’ombre et la lumière. Sinon, Mogador est fidèle à ses images, figées et mobiles, qui ont toujours animé les imaginaires les plus sclérosés.
Après la mort, la vie. Une vie que recèle une cité nommée Fes. Joseph Marando, l’a heureusement bien compris. Cet Agadiri de naissance s’est investi dans une quête en noir et blanc dans la cité millénaire de son grand père. Joseph a mis le point sur beaucoup de visages, ceux de vieux notamment. Dès lors, ces photos deviennent sensibles et têtues. Elles reflètent la vie. Et tant qu’il y a la vie, il y aurait des hommes comme Abderrazzak Benchaâbane.

Enfance

Lui, il n’a pas été très loin pour inventer le fil à couper le beurre. Cet écolo et polyvalent Marrakchi de souche, est encore habité par les rues, les souks, les fontaines, le charbonnier … de son éternelle enfance. Tout y est pénombre, regard, va-et-vient, arcades. Là-bas et là-haut, la vie s’apprend tous les jours.
Le récit narratif et descriptif de Maroc- médina, médinas ne s’arrête pas là. Puisque 8 autres voyages faits d’images et de sens donnent à cette œuvre tantôt une touche forte, tantôt une connotation émotive.
Cela dit la plastique et l’esthétique n’y sont forcément pas originales. La convivialité, voire la familiarité, l’emportent sur l’authentique. Une simple question de feeling, aurait pu dire l’autre. C’est peu. Mais, c’est déjà beaucoup.

Vert le haut de la page



Homeland est le nouvel album de Miriam Makeba

LA VOIX DE L’AFRIQUE

 

Première artiste africaine à avoir été récompensée par un Grammy Award, "Mama Africa" comme on aime la surnommer, revient avec un nouvel album made in soleil et bonne humeur. Considérée comme la diva de la World Music International, Miriam Makeba est aussi actrice, activiste politique, auteur et grand-mère avant d'être la voix de l'Afrique du Sud dont elle est originaire.
Chanté en anglais, l'album "Homeland" remet au goût du jour son succès de 1967 "Pata Pata 2000", sans oublier des titres plus calibrés comme "Cause we live for love" et "Homeland" qui donne son titre à l'album. Entre l'Afrique et l'Amérique, sa musique s'est enrichie grâce à un producteur attentif qui réussit à donner un accent vraiment World à une musique calibrée pile-poil pour la plus grande voix africaine de tous les temps.
À noter que ce ne sera pas la première fois que le label Putumayo rend hommage à Miriam Makeba puisqu'on pourra la retrouver sur la compil "South African Legends" ou encore sur celle de "New World Party" .
Née à Johannesburg en 1932, Miriam Makeba commence sa carrière comme chanteuse dans un groupe de jazz, The Manhattan Brothers, avant de former son premier groupe les Skylarks qui jouaient sur un répertoire mélangeant jazz et musique populaire traditionnelle. Viendront ensuite deux rôles d'actrice qui lui feront découvrir le monde, le premier dans un jazz opéra noir baptisé "King Kong", et le second dans un documentaire "Come Back Africa" projeté au festival de Venise en Italie. Naîtra alors une star qui allait embrasser une carrière internationale tout en devenant l'ambassadrice de la grande musique africaine. À découvrir.

Vert le haut de la page



LE CMA À BRUXELLES


Le Congrès mondial amazigh (CMA) se tiendra à Bruxelles, du 7 au 9 août prochain. L’ordre du jour arrêté à ces assises est la réorganisation du fonctionnement de ses instances et la mise en place d'un programme d'interventions concrètes. Selon un communiqué du CMA "la tenue de ce congrès sera une démonstration de notre engagement à maintenir notre organisation dans la légalité et le respect de ses règles fondamentales".
Le même communiqué rappelle que le CMA est ouvert aux associations amazighes qui se reconnaissent dans ses objectifs, à condition qu'elles soient autonomes vis à vis des États et des organismes politiques et religieux.

Vert le haut de la page



ARTS POPULAIRES


Un prix du Maroc pour les arts populaires sera lancé l'an prochain par le ministère des Affaires culturelles, a annoncé dimanche 23 juillet à Ain Leuh le ministre des Affaires culturelles, Mohamed Achaari. Le prix visera, entre autres objectifs, l'encouragement des troupes à préserver le patrimoine populaire local dans toute sa variété, a expliqué le ministre qui présidait la cérémonie d'hommage rendu au barde Zaid Wahrouche, considéré comme l'une des figures de proue de la chanson amazighe.

Vert le haut de la page



LES FEMMES CONTRE L’IMAM


Une centaine d'associations féminines ont porté plainte, lundi 24 juillet à Barcelone, contre Mohamed Kamal Mostafa, l'imam de Fuengirola au sud de l’Espagne, pour avoir donné dans son livre "La Femme dans l'Islam", des conseils aux hommes sur la manière de frapper les femmes.
Ces associations reprochent à l'imam d'avoir, dans son écrit édité à Barcelone, commis un délit pénal en ayant "provoqué la discrimination", "incité à la violence" contre les femmes et "justifié la polygamie". Elles demandent notamment la saisie des exemplaires disponibles de cet ouvrage dans les librairies et principaux centres culturels islamiques d'Espagne.

Vert le haut de la page



2M À ERRACHIDIA


La deuxième chaîne de télévision nationale 2M a entamé, à partir de mercredi 26 juillet, la diffusion de ses programmes en UHF sur la ville d'Errachidia et ses environs.
Un communiqué de la chaîne indique que les habitants d'Errachidia et ses environs peuvent désormais capter les programmes de 2M en UHF canal 31 (551.25 MHZ). Pour une meilleure réception du signal, 2M invite les populations locales à orienter leurs antennes (UHF) vers le site du nouveau château d'eau situé sur la route de Meknes.

Vert le haut de la page



LE MAROC VU PAR LE CANADA


À l’occasion du premier anniversaire de l’intronisation de sa Majesté le Roi Mohammed VI, la télévision canadienne CJNT (Canal 14) diffuera une émission spéciale sur le Maroc le 30 juillet à 21H.
Ce programme s’inscrit dans le cadre d’une série d’émissions télévisées sur plusieurs pays du bassin méditerranéen. Intitulée: "le Maroc en marche: Tradition et modernité", cette émission, de près d’une heure, présentera le Maroc d’hier et d’aujourd’hui à travers son histoire, ses traditions, ses luttes, ses défis, ses différentes régions et ses villes impériales, et ses potentialités socio-économiques.

Vert le haut de la page



BELKAHIA À LYON


Le Maroc participe à la 5ème Biennale d’art contemporain de Lyon, carrefour où se croisent, jusqu’au 24 septembre, les œuvres de cent-vingt artistes en provenance d’une cinquantaine de pays, selon les organisateurs de cette manifestation.
Farid Belkahia et Touhami Ennadr représentent le Maroc dans cette manifestation qui allie cultures traditionnelles et expressions contemporaines, offrant aux 100.000 visiteurs un important panorama de la production des créateurs de cinq continents proposant des œuvres puisant à toutes les histoires, les techniques, les artisanats : peintures, sculptures, vidéos, photographies, arts décoratifs, art du tatouage.

Vert le haut de la page


Retour