Mohamed Hassad, Président directeur général de la RAM

LA COMPAGNIE EST PRÊTE POUR LE XXIÈME SIÈCLE

Mohamed Hassad

Partenaire de l'ONDA dont elle est le premier client, Royal Air Maroc a opté pour un service de haute tenue. Cette stratégie se traduit notamment par le renouvellement de sa flotte moyen-courrier (avec des appareils de dernière génération) et par l'accroissement de sa capacité en sièges. Mohammed Hassad, son PDG, se confie en exclusivité à Aéroports Magazine.

· Aéroports magazine : En constatant les fruits des investissements réalisés par les aéroports marocains, on se dit que la croissance économique est de retour. Votre avis?
- Mohamed Hassad: Je ne peux pas m'exprimer ici sur la conjoncture en général. Je ne l'observe que sous l'angle étroit de ma fonction à la tête de la compagnie Royal Air Maroc. À ce titre, je ne retiendrai qu'un indicateur économique : le trafic. La progression est rapide avec 20% de croissance sur la destination Maroc, signe révélateur de la dynamique qui s'opère et du positionnement de notre pays par rapport à son environnement international. C'est pour quoi je salue les réalisations qui ont été accomplies par l'ONDA, et qui permettent aujourd'hui de répondre dans une large mesure, en termes de capacité, à cette importante croissance du trafic aérien.
· Cette croissance va-t-elle se poursuivre? Comment voyez-vous votre compagnie d'ici à cinq ans?
- Nous sommes dans un monde de services où la difficulté réside dans la recherche permanente du perfectible. Royal Air Maroc va maintenir sa stratégie basée sur l'industrialisation de ses destinations, le déploiement essentiellement vers les marchés à taille critique pour asseoir la rentabilité, la quête de l'innovation en matière de qualité de services. Renouveler les avions afin d'opérer une flotte particulièrement moderne et jeune est une politique à laquelle je tiens beaucoup. Le reste vient de cette dynamique : la perfection appelle le business qui, à son tour, donne des moyens d'évoluer. On entre ainsi dans un cercle vertueux.
· Comment se positionne Royal Air Maroc sur ses marchés? Est-elle une vitrine pour le tourisme marocain?
- Notre image se conjugue intimement à celle du tourisme marocain et notre business aux flux touristiques qui irriguent ce pays. Quand nous faisons de la communication dans le monde, nous ne commercialisons pas une compagnie aérienne, mais nous vendons la destination elle-même. L'image de l'une est tout à fait liée à celle de l'autre.
· Où en est le processus devant conduire à l'ouverture du capital de Royal Air Maroc?
- La prochaine étape portera sur l'évaluation de l'entreprise et les propositions de schémas d'ouverture. Les banques conseils que l'État retiendra auront trois mois pour faire leur travail. Par la suite, le processus est classique.
Le gouvernement prendra une décision sur le système retenu pour l'ouverture du capital, ainsi que sur la valeur de l'action ou la valeur de vente de l'entreprise. Puis elle sera émise sur le marché
· Quelle est la politique de partenariat ou d'alliances de la RAM?
-Globalement, Royal Air Maroc entretient d'excellentes relations avec toutes les compagnies européennes et américaines.
Des code-shares ont été conclus avec trois transporteurs européens : Air France, Iberia et TAP Air Portugal. La RAM est liée également par partage de codes avec TWA et Gulf Air. Vous savez que le code-share suppose au préalable un standard de sécurité et de services équivalent de part et d'autre. Avant de signer, il faut effectuer et subir des contrôles à tous les niveaux, sur le plan de la qualité de service, des procédures d'exploitation de la flotte, de son entretien et même des assurances. Et notre grande fierté, c'est de constater que nous avons des standards élevés, puisque nous avons pu conclure avec des compagnies de niveau mondial. Nous sommes vraiment au plus haut niveau de ce qui se fait dans le monde?
· La RAM contribue-t-elle au développement du Maroc?
-Il faut être plus modeste que cela. Nous travaillons pour essayer de faire notre métier du mieux possible. À ce propos, j'ai une théorie très simple : si chacun fait très bien ce qu'il doit faire, cela sera déjà beaucoup pour tout le monde.

Retour