Culture: Rassemblé par Taïeb CHADI


"Kahouat Al Maani", le nouvel album de Touria Hadraoui
LE VERBE CHANTÉ

Touria Hadraoui revient très fort. Kahouat Al Maani, son nouvel album, est une compilation de textes des grandes bardes de la tradition marocaine du malhoun, . Avis aux amateurs. L'ensemble malhoun de Fès, de Mohamed Arabi et Rachid Lebbar, de l'orchestre de musique andalouse de Fès, accompagnent Touria dans ses envolées envoûtantes.

"Kahouat al maani " est le titre du nouvel album que vient de sortir, en CD, la chanteuse du malhoun Touria Hadraoui.
Les amateurs trouveront dans ce nouvel album des textes des grands bardes de la tradition, tels ''Assaki'' et ''Mezzine ossoulek'' de Sidi Kaddour Alami, 'Jad azzaman'' et ''Safi lahbib'' de Ahmed Al-Harrak et ''Al-mahboub'' de Jilali Lahkiki et quelques mawawil recueillis auprès des mounchidine de la zaouia harrakiya, composés notamment par Al-Harrak, Ibnou Al-Faredh et Ashushtari .

Touria Hadrioui


Dans cet album, sorti du studio Adyel production, la chanteuse est accompagnée des musiciens de l'ensemble malhoun de Fès, de Mohamed Arabi et Rachid Lebbar de l'orchestre de musique andalouse de Fès.
Touria dont le nom s'est petit à petit associé au malhoun a sorti en 1991 son premier compact disque sobrement intitulée "Malhoun". Dans cet album, Touria a puisé dans les "qacidat" de Mohamed Ben Ali Ould Rzine, Driss Ben Ali, Thami M'daghri et Ahmed Ghrabli, pour réaliser cet enregistrement d'une sensibilité toute particulière
Après le succès qu'a connu sa première sortie, Touria a récidivé avec trois autres albums. De cette expérience, elle est sortie plus que jamais convaincue que le malhoun est un patrimoine à sauvegarder.

Virulence

Touria chante comme si elle milite pour une cause plurielle. Elle qui était enseignante, puis s'est convertie en journaliste, a réalisé que le verbe virulent et militant et la parole poétique peuvent former un couple insolite. Puis quand le verbe cède, par courtoisie, le pas à la parole mélodieuse, une voix monte des profondeurs de son être et en dit plus que de longs discours. Une voix puissante et mélodieuse qui chante son amour pour ce style particulier qu'est le malhoun. Cette jeune femme a choisi de chanter tôt dans sa vie. Puis il a fallu qu'elle succombe à toute la diversité et la richesse de cette musique patrimoine qu'est le malhoun Une musique riche par son histoire et ses hommes. Elle est notamment basée sur la poésie qui la rehausse au niveau des créations poétiques classiques.
D'ailleurs le texte poétique du malhoun n'a rien à envier aux créations des poètes arabes. Et puis, par son émanation populaire, le malhoun illustre les caractéristiques psycho-sociologiques et civilisationnelles de la société marocaine. Vraisemblablement, c'est pour ces raisons que Touria a choisi de chanter dans ce genre musical.


"L'attentat", un documentaire réalisé par Simone Bitton
UNE TRAGÉDIE FILMÉE

C'est à un exercice particulièrement périlleux auquel s'est livrée Simone Bitton, réalisatrice du long-métrage, documentaire l'attentat, en diffusion sur Canal Horizon à partir du 7 juin.
Fût-ce un choix délibéré? une volonté exprimée et soutenue de susciter le débat? ou alors un simple égard de cinéaste jeté sur une période de l'histoire qui grouille encore de malentendus et de zones d'ombre?
Chacun trouvera sa propre lecture du documentaire? Mais le mérite de Simone Bitton sera toujours celui d'avoir osé porter à l'écran une tragédie qui a, peut-être, fait plus de mal du côté palestinien, toujours ou presque supposé être comme l'agresseur, que du côte israélien qui n'a pas encore pansé ses blessures. Le film, co-produit par Canal+ Horizons, est un récit fort d'émotion qui essaie de restituer, à travers un objectif assez souple, les évènements qui ont suivi l'attentat-suicide du 4 septembre 1997, commis par trois jeunes palestiniens, qui se soldera par la mort de cinq israéliens dont trois lycéennes.

Magie

Il faut dire que la touche Bitton réussit comme par magie à entraîner le spectateur loin de ce qui entoure en général de tels événements : la haine. Il n'y a pas de place pour la vindicte dans ce film. C'est là son point fort.
La réalisatrice s'attachera, dans chaque mouvement de camera, dans chaque parole prononcée, dans chaque geste des acteurs, à aller au delà de ce sentiment primaire. En quête d'une vérité pas aussi facile à trouver. En quête de ce pourquoi, derrière lequel se cache peut-être la tragédie de deux peuples condamnés à se haïr et à s'entre-tuer.
"Je ne voudrais pas que le film se lise comme une espèce de parabole fataliste. Je tiens à dire et j'espère que ça passe dans le film, que je ne juge pas les individus", prévient Simone Bitton. Ceci ne l'empêche guère de donner libre cours à sa conviction personnelle: " je dis très clairement qui est le collectif qui opprime l'autre. Nous avons ici depuis 50 ans une situation dans laquelle le collectif israélien opprime le collectif palestinien, l'occupe, et l'humilie continuellement". Souple, Simone Bitton fera en sorte que le film donne deux versions de l'événement.
Celle des parents israéliens et celle des parents palestiniens. Pourtant, quelque part dans les centaines de mètres de pellicule, ces deux points de vues arrivent à se rapprocher, voire à fusionner, pour enfanter dans l'esprit du spectateur une sorte de soif de paix, basée sur la compréhension mutuelle.
Une compréhension bercée par la douce voix off. Celle de la mère Smadar El hanan, l'une des victimes de l'attentat. Vers la fin, l'on en arrive à se demander si les victimes d'une telle tragédie ne sont que celles qui ont été enterrées dans la douleur ? ou lors est-ce la totalité de deux peuples qui devraient peut-être apprendre enfin à s'aimer ? Une question qui taraude l'esprit longtemps après le mot fin.


Trilogue, un spectacle de danse contemporaine
EXPRESSIONS CORPORELLES

Le temps d'une danse, le temps d'une chorégraphie, le corps devient un espace où le réel et l'onirique fusionnent langoureusement. L'ensemble des trois tragédies de Yasmina Ben Jelloun, Anne Cornéllis, Céline Huart serait né de ce constat. Une trilogie digne de trois grandes artistes manifestant par le corps leurs expressions. Leur langage.

Le corps, une découverte humaine. Il nous supporte et nous le supportons, de même. C'est réciproque. Mais au côté du corps, il y a toute la magie de son expression. Son mouvement, ses gestes, ses allures, ses courbures peuvent devenir subitement un poème où le corporel s'élance dans des versifications aux mille sonnets.
Le temps d'une danse, le temps d'une chorégraphie, le corps devient un espace où le réel et l'onirique fusionnent langoureusement.
De ce constat, est né le Trilogue de Yasmina Ben Jelloun, Anne Cornéllis, Céline Huart. Un trio qui va présenter un spectacle de danse contemporaine le 5 juin à la fédération des uvres laiques du Maroc à Casablanca.
Trois jeunes femmes, aux sensibilités différentes, offriront à voir et regarder toute l'esthéticité du corps dans un jeu fort de signes de significations. Trois danseuses aux tempéraments très différents, défieront dans trois tableaux complémentaires. D'abord, Céline. Elle a choisi un rêve, un "Rêve vif'', pour sa chorégraphie. Le temps d'un tableau, Céline n'arrête pas de songer.
Elle danse pour tout et pour tous, pour sa liberté et sa prison, ses plaies et ses caresses. Libre comme l'air, elle a envie de voler au-dessus même de ses petites rêveries pantomimiques.
Anne, ensuite, avec un tableau intitulé "Les passantes". Sa chorégraphie est une sorte de réaction contre le néant et la parole tue. Écouter la : "quand je danse, je ne dis rien, je ne crie plus, je m'en vais".

Communication

C'est bizarre, ce sentiment qu'éprouve cette jeune femme sur scène. Ses insaisissables mouvements sont comme une longue phrase, sans ponctuation mais avec beaucoup d'intonations, qui veut tout dire et qui bute à l'unicité plurielle de l'être et de ses apparences. Yasmine, elle, et son Phéromone, danse pour communiquer. Sa timidité est langoureusement trahie par l'expressivité de son corps. Elle vénère le silence, mais elle ne peut pas empêcher son corps de parler, de dire ce qu'elle ressent et ce qu'elle éprouve. Trois tableaux qui différent et qui se ressemblent.
Une rencontre entre trois femmes. Incroyablement libérées, libres et énergiques. Leur souci, discrètement partagé, est d'offrir, à chaque fois, une ultime danse.


Les Îles de Kish inspirent le cinéastre iranien, Mohsen Makhmalbaf
DES CONTES MIS EN BOÎTES

D'abord, Le Bateau Grec où des cartons ramenés par la mer mettent dans un étrange état la femme d'un boutiquier qui travaille sur le rivage de l'île Puis, la bague qui conte la vie d'un jeune homme de province dont la famille ne peut financer les études entre clandestinement sur l'île pour trouver un travail
La Porte, ensuite, qui met en scène un homme qui ne possède plus que la porte de sa maison, erre sur un terrain aride de l'île. Le facteur lui court après pour lui remettre du courrier
Les contes de Kish est donc un long-métrage, composé de 3 courts qui ont pour principal point commun, leur unité de lieu : " L'île de Kish", située au centre du golfe persique, sur les routes maritimes entre Orient et Occident. Cette uvre collective en forme de contes possède une réelle cohérence et propose aux spectateurs, une vision à la fois poétique et drolatique de ce no man's land économique. Après la Palme d'or obtenue en 97 pour Le goût de la cérise d'Abbas Kiarostami et des films comme Le silence ou La pomme (réalisés respectivement par Mohsen Makhmalbaf et sa fille Samira), le cinéma Iranien fait une nouvelle fois la preuve de sa belle vitalité. En revanche, il nous avait rarement habitué à une telle beauté plastique. Les contes de Kish nous surprennent en effet, par leur extraordinaire qualité visuelle.
Une poésie de l'image, mais aussi du propos, particulièrement évidents dans le troisième de ces contes, La porte, l'histoire cocasse et absurde d'un vieil homme déambulant avec sa porte à travers le désert pour finir sa lente course dans la mer. Voilà un " petit " film, aux allures de chef d'uvre de surréalisme et de poésie, qui vous touche et vous transporte loin, très loin

Complexité
La porte constituait au départ un projet de long-métrage en une histoire complexe où l'homme était un taliban, mais quand ce projet d'uvre collective avec des compatriotes est arrivé sur la table, Makhmalbaf a sauté dans le train. Il faut dire que les trois îles de Kish possèdent une résonance particulière pour les Iraniens.
Elles sont une zone franche où les étrangers peuvent se rendre et se baigner avec tout le monde. Participer aux Contes de Kish, c'est revendiquer un espace de liberté et vouloir l'étendre à tout le pays.
"Dans Les Contes de Kish, on parle de nos problèmes, mais en cherchant à atteindre l'universel à travers eux. En montrant un homme âgé qui porte sur son dos une porte plus vieille que lui, je signe une métaphore. La porte représente tout ce que le personnage possède: son histoire, sa culture, sa seule sécurité, et personne n'en veut", explique Mohsen.


EL JABIRI PRIMÉ
Le président Tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, a remis jeudi 27 mai au penseur marocain, le Dr. Mohamed Abed El Jabiri, le prix maghrébin de la culture
Lors d'une cérémonie organisée au palais de Carthage, à l'occasion de la célébration de la journée nationale tunisienne de la culture, le chef de l'État Tunisien a loué les qualités du penseur marocain, le Dr Jabiri et sa contribution à la pensée arabe et universelle contemporaine dans tous les domaines.
Institué en 1993, ce prix est attribué à une personnalité maghrébine en considération à son uvre ou à son action pour l'unité du Maghreb arabe.



L'ART MAROCAIN

Dans le cadre du ''Temps du Maroc en France'', une grande exposition consacrée à la création contemporaine marocaine a été inaugurée, jeudi 27mai à Paris, au Couvent des cordeliers.
Cet espace d'exposition réunit trois artistes marocains multimédia: Mounir Fatmi et Mohamed Elbaz en collaboration avec Christophe Boulanger, trois sculpteurs: Ikram Kabbaj, Dounia Oualit et Abdelkrim Ouazzani, six peintres: Abderrahim Yamou, Najia Mehdji, Meryem El Alj, Khalil El Ghrib, Hicham Benohoud et Ahmed El Moubaret, et trois photographes: Lamia Naji, Thami Benkirane et Ali Chraibi.

THÉÂTRE AMATEUR
L'association Al Masrah At-Talaiai d'Agadir et la troupe française ''Les oranges bleues'' ont remporté les premiers prix du premier festival de théâtre amateur de Tanger dans leurs catégories respectives ''théâtre arabophone'' et ''théâtre francophone''.
L'association Al Masrah Atalaiai a été récompensée pour sa pièce ''Ouvrez la porte'', mise en scène par Hassan Badida. Sans perspectives d'avenir, des jeunes imaginent très mal leur avenir et ne vivent que sur leurs passé et présent.
Ce qui fait d'eux des personnages sans lendemain qui sont à la recherche de leur véritable identité.

LE CAUCHEMAR AMÉRICAIN
"American dream" est le titre du film que vient de tourner le jeune artiste marocain Hassan Benchlikha.
Considéré comme une ''aventure'' par la presse de Boston, ce film est également perçu comme l'une des rares productions indépendantes pourvue d'une profondeur de caractère qui s'interroge avec engagement sur le mythe du rêve américain.
Premier long métrage de Hassan Benchlikha qui en assure également la production et la réalisation, ''The american dream'',1h 45mn, est un film à petit budget ayant nécessité près de 25 mille dollars, 10 acteurs et un staff de 13 personnes.
L'histoire du film raconte la vie de Hassan qui bute contre l'envers du rêve américain. Au lieu des lendemains qui chantent, Hassan se trouve pris en tenaille entre deux emplois: plongeur dans un restaurant et éboueur dans l'autre.



LE MAROC SUR FRANCE 2
La chaîne de télévision France-2 a annoncé son intention de réaliser une émission spéciale sur le Maroc qui doit être enregistrée à la place Jamaâ El Fna de Marrakech les 4 et 5 juin prochain.
Cette émission, dont la diffusion est prévue le 12 juin, sera présentée par Frédéric Mitterrand, commissaire général du ''Temps du Maroc en France''.
L'émission sera transmise par la chaîne marocaine 2M durant la soirée du 12 juin, ainsi que par la TV5 à une date ultérieure.

JEUNES MUSICIENS
Du 18 au 20 juin, la fédération des uvres laïques organise le tremplin des jeunes musiciens de Casablanca.
Ce concours s'adresse aux jeunes musiciens amateurs en voie de professionalisation.
Le tremplin vise la promotion de la pratique instrumentale et le développement de l'esprit de création chez les jeunes.
Les groupes qualifiés vont bénéficier d'une formation à l'échelle nationale et internationale.

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