Le bras de fer entre l'UMT et la CNSS continue

HADDAOUI PRIS ENTRE DEUX FEUX

Par Abdellah CHANKOU

Rafik Haddaoui n'a pas eu le temps de respirer. Le directeur général de la CNSS n'a pas encore savouré le succès de la réunion à Marrakech de l'Association internationale de sécurité sociale qu'il a été rattrapé par les problèmes classiques de la boîte. La réalité reprend ses droits. Confrontation entre la direction et l'UMT. Grogne, tension, manuvres. Un sport presque quotidien. Cette fois-ci, une partie des employés de la CNSS a organisé, mardi 3 novembre, un sit-in, au siège de la caisse, à Casablanca.
Rafik Haddaoui

En guise de protestation contre la nouvelle convention collective concoctée par Rafik Haddaoui. "Nous sommes surpris par le changement de la convention, établie de surcroît de façon unilatérale sans association des représentants syndicaux du personnel», peut-on lire dans le communiqué diffusé par la fédération nationale du personnel de la sécurité sociale, affiliée à l'UMT. Mais ce qui a déclenché ce mouvement de protestation, c'est précisément l'installation du système de pointage pour l'ensemble des employés. Tout le monde, y compris le secrétaire général doit s'y conformer.
Cette mesure n'a pas été appréciée par le personnel. Or, dans l'esprit de la direction de la CNSS, cette décision a été prise au nom de l'augmentation de la rentabilité et de la productivité.

Protestations

La mesure en question assimile la CNSS à une manufacture et les employés à des ouvriers. L'UMT va loin en taxant la pointeuse d'outil "sous-développé, fait dans un objectif de mouchardise, en contradiction avec les concepts modernes des ressources humaines».
La pointeuse dans le cas de la CNSS permet-elle véritablement d'améliorer la rentabilité de chacun comme le souhaite la direction?
En tout cas, nonobstant la propension à la paresse et à l'absentéisme d'une bonne partie du personnel de la CNSS, l'initiative de Rafik Haddaoui, bonne ou mauvaise, n'aura servi qu'à faire éclater la colère du personnel et d'exacerber le conflit social au sein de la CNSS. L'UMT a profité de l'affaire de la pointeuse pour réitérer une série de revendications relatives aux problèmes de mutation et des avantages sociaux. Lors d'une réunion avec l'État major du syndicat de Mahjoub Benseddik, le directeur de la CNSS a promis d'abandonner le système de la discorde et de payer les arriérés de la promotion interne depuis 1992. Quant à la nouvelle convention collective, M. Haddaoui y tient et compte l'appliquer.
Une détermination qui va dans le sens de la volonté d'assainissement affichée par le gouvernement Youssoufi. Rafik Haddaoui n'a pas cédé sur tout. Il est dans la logique d'un rapport de forces permanent avec son interlocuteur syndical. En toile de fond de ce bras de fer, la volonté de le faire partir de la direction de la CNSS.

Forcing

Le gouvernement Youssoufi poursuit également le même objectif. Cela ne veut pas dire que la centrale de Benseddik et le cabinet Youssoufi sont sur la même longueur d'ondes. Loin de là. Chaque partie cherche à tirer un profit propre dans cette affaire.
Ce forcing met Rafik Haddaoui dans une position pour le moins inconfortable. Il est pris entre deux feux.
Le directeur général de la CNSS est-il capable de réagir comme un judoka en se servant des forces adverses pour les retourner en sa faveur?

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