Hystérie anti-marocaine à Alger
LA PRESSE AU GARDE A VOUS
Quand on connaît le degré d'indépendance de la presse algérienne, on peut aisément conclure que les attaques répétées et souvent grossières contre le Maroc obéissent à une stratégie de l'état algérien qui, depuis quelques mois, a adopté la technique de la terre brûlée. Le pouvoir militaire algérien, empêtré dans des massacres de civils, se trouve coincé entre un état tunisien ultra-policier et une démocratie naissante marocaine.
Par Mustpha TOSSA
Le jour de parution du journal Belge Le soir affichant à sa &laqno;Une» la découverte par la police Belge d'un noyau du &laqno;GIA marocain» en Italie et en Belgique, le journaliste-écrivain Hubert Condurier, alors en pleine campagne de promotion de son livre chez Calmann-Lévy &laqno;le monde selon Chirac : les coulisses de la diplomatie française», contacte un haut responsable de la DST française pour avoir un éclairage sur ces révélations.

Mohamed Boudiaf, un président assassiné
Après information et réflexion, ce haut responsable français
eut cette réponse: &laqno;Il n'y a aucun élément dans
cet article qui puisse sérieusement prouver qu'un mouvement islamiste
armé marocain est en cours de constitution. Selon nos investigations,
l'Italie et la Belgique sont investis principalement par des éléments
égarés du FIS algérien. Cela sent le coup tordu, la
désinformation et la manipulation». Le haut responsable français
n'ira pas jusqu'à désigner les commanditaires de cette opération.
Mais il révélera cependant l'existence d'accointances entre
les services algériens et les rédacteurs en chef du journal
Le Soir.
Confusion
Malgré toutes les précautions et les réserves émises à l'intérieur de l'article du Soir Belge sur la fiabilité de ses révélations pour l'auteur, la titraille de la &laqno;Une», accompagnée d'une iconographie très &laqno;France-soir» a suffit pour allumer le feu dans les rédactions algériennes. Des journalistes algériens, tout titre confondu, bunkerisés dans leurs bureaux, voient dans leur boule de cristal des massacres en train de se commettre au Maroc. &laqno;Panique à Oujda», &laqno;Des dizaines de personnes massacrées dans plusieurs villes du Royaume». Les titre fusent reléguant au second plan les massacres locaux devenus trop quotidiens, pour faire un événement.
Quand on connaît le degré d'indépendance de la presse algérienne qui ferait passer la presse tunisienne pour une pépinière d'Albert Londres, on peut aisément conclure que les attaques répétées et souvent grossières contre le Maroc obéissent à une stratégie de l'état algérien qui depuis, quelques mois, a adopté la technique de la terre brûlée. Le pouvoir militaire algérien empêtré dans des massacres de civils, soumis à une pression internationale sans équivalent pour autoriser une enquête internationale sur ses défaillances, se trouve coincé entre un état tunisien ultra-policier et une démocratie naissante marocaine.
Du voisin tunisien, les militaires algériens n'ont rien à craindre. La liberté de la presse, l'état de droit, le pluralisme politique y sont aussi absents qu'en Algérie, le sang en moins. Du voisin marocain, paré de conditions politiques dans lesquelles il aborde le prochain siècle, un gouvernement d'Alternance, une consolidation de plus en plus irréversible de la démocratie institutionnelle, tout cela donne des maux de tête à une junte militaire habituée depuis longtemps aux terribles et sanglantes règles de la mafia-politico-financière dénoncée par feu le président Boudiaf. Logiquement, l'accès de Abderrahmane Youssoufi au pouvoir au Maroc aurait dû être du pain Béni pour le voisin Algérien. M. Youssoufi et ses amis, Fkih Basri entre autres, en militants Maghrébins sincères et dévoués, ont été des compagnons et des soutiens à cette Algérie politique naissante avec laquelle ils entretiennent des liens de camaraderie tellement forts puisque forgés dans la lutte anti-coloniale. Or, le pouvoir en Algérie n'est pas aux mains des civiles ou des politiques chez qui la mémoire des luttes communes, la conscience d'un destin commun peut fonctionner et nourrir des ambitions politiques. Le pouvoir en Algérie est aux mains d'un quarteron de généraux dont la seule préoccupation est de se partager les licences d'import-export, de jouir et se repaître jusqu'à l'indigestion de la rente pétrolière comme d'autres en d'autres temps se sont jetés, par amnésie, sur le veau d'or.
Ce quarteron de généraux, créateur déjà du &laqno;GIA Algérien» et des &laqno;patriotes» dont les méfaits sont évalués, selon les statistiques les plus clémentes à 80.000 morts algériens, voudrait exporter chez son voisin de l'Ouest son virus mortel, basé sur la gratuité du crime et la psychose comme mode de vie. Déjà en 1994, une première tentative commanditée, montée et presque exécutée par les services secrets algériens visait à frapper le Maroc dans un de ses secteurs les plus rentables, le tourisme, en s'attaquant lâchement à de paisibles touristes à Marrakech. L'opération ayant lamentablement foiré, les services algériens ont retenu la leçon suivante : Une opération née de nulle part, sans caution politique, sans couverture organisationnelle, sans préparation médiatique est une opération destinée à faire chou blanc. D'où aujourd'hui l'idée de tenter d'accréditer l'hypothèse de l'existence d'un &laqno;GIA marocain», appelé monstrueusement GID (le groupe Islamique Djihadiste). Arrêtons-nous un instant sur cette appellation. Le Groupe Islamique Djihadiste est une création linguistique très algérienne. Ceux qui savent comment se comportent les Marocains et les Algériens à l'égard d'une langue savent que parmi les traits de caractère des Algériens existe cette tendance très particulière acquise toute au long de leur vécu Franco-arabo-Berbère, à non seulement jouer avec les morts, mais à créer des structures et des concepts Barbares. Imagine-t-on un instant, un Marocain, de surcroît islamiste, ajouter un &laqno;Ist» au mot &laqno;Djihad»?
L'appareil sécuritaire algérien semble décidé, à la lecture de sa stratégie développée dans les colonnes de sa presse, à commettre des agressions contre le Maroc. Les autorités marocaines auront tort de prendre ces campagnes à la légère. La phase d'aujourd'hui consiste à procurer une &laqno;couverture domestique» aux attentats de demain. Et la consigne donnée par les généraux aux rédacteurs en chef militarisés: &laqno;Vendez le GID, Vendez le GID ! Et même s'il n'existe pas il finira par faire des émules pour attirer les esprits faibles et rancuniers», vise à exécuter la première phase d'un plan.
Motifs déshonorants
Que cherchent les galonnés à travers cette opération
Un : généraliser le chaos pour ne pas rester isolés
face au discrédit international. Les derniers remontrances en date
sont une condamnation en terme très claire en provenance de l'Union
Européenne et du Congrès américain. Deux : tenter de
faire revenir le Maroc dans le cercle des mafieux et des dictateurs en sabordant
sur le plan sécuritaire l'Alternance et toute velléité
de rapprochement entre les hommes politiques algériens et marocains.
Trois : créer un conflit avec le Maroc pour ne plus avoir à
rendre compte d'une question catastrophique de la guerre civile algérienne.
Le Maroc apparaissant à leur yeux comme une manière d'éponger
le déficit de cette gestion.
La seule réponse marocaine à ces provocations semble, en dehors de la protection légitime du territoire et des citoyens, de continuer patiemment à consolider l'État de Droit, à forger le consensus national nécessaire pour bâtir la maison démocratique marocaine. Les aventuriers algériens finiront, sinon par se lasser, du moins par désespérer du Maroc.