La presse mauritanienne dans la douleur
LE CALAME SAISI DE NOUVEAU
Par Amale Samie
La réélection du président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya
en décembre 1997, semblait, malgré le boycott du scrutin auquel
avait appelé une large partie de l'opposition, devoir s'ouvrir sur
la réconciliation et le renforcement des libertés publiques.
Mais ces libertés sont menacées dans une région où
déjà le respect qu'on porte à la presse est proportionnel
à sa docilité. Si au Maroc les acquis sont certains, des entorses
subsistent. En Algérie, la presse est baillonnée par un pouvoir
soucieux de ne laisser passer de la situation sécuritaire que ce
qui lui sied. En Tunisie, les libertés sont bien souvent bafouées
et la liberté d'expression &laqno;en liberté surveillée».
Quant à la Libye, on peut difficilement en parler autrement qu'en
émettant de sérieuses inquiétudes. Cela n'est pas à
l'honneur de nos pays. &laqno; Le premier engagement » électoral
du candidat Ould Sid'Ahmed Taya était &laqno; l'approfondissement
des libertés et notamment la liberté de la presse ».
Nous avons malheureusement appris qu'après le procès des dénonciateurs
d'esclavage qui ont écopé de 13 mois de prison, notre confrère
Le Calame a été saisi pour la quatrième fois depuis
l'accession du Président Ould Taya à la magistrature suprême.
En effet, le n° 215 de ce bi-hebdomadaire a été &laqno;retenu
» par le ministère de l'Intérieur. C'est donc la dix-neuvième
saisie du Calame depuis sa naissance il y a 5 ans. Le Calame entend seulement
faire entendre sa voix pour faire progresser les droits de l'Homme et de
la presse à Nouakchott. Ce n'est pas tout, Le Calame en est à
sa deuxième interdiction provisoire depuis mai 1994. Juin 1994 et
d'octobre1996 à janvier 1997.
La presse indépendante mauritanienne doit-elle désormais savoir
à quoi s'en tenir sur la promesse du Président?