Convention des cadres du Front des Forces Démocratiques
Les élections législatives approchant, les dirigeants
du FFD seront
mis à rude épreuve. Des décisions importantes devront
alors êtreprises et des réponses claires sont à donner.
Abdelhafid AMEUR
Il sont venus, ils sont tous là, les partisans et sympathisants du
Front des Forces Démocratiques (FFD) récemment créé
par Thami Khiary se sont donné rendez-vous, le dimanche 6 juillet
1997, dans l'enceinte de l'école Mohammadia des Ingénieurs,
à Rabat.
Ordre du jour, la présentation du projet de la charte du parti.
Venus à leur propre frais des différentes régions du
royaume, ils étaient 1150 personnes à faire le déplacement
pour cette première convention nationale des cadres du Front des
Forces Démocratiques ( FFD ). Laquelle convention a démarré
sur les chapeaux de roues.
Déjà, une réunion informelle, qui a eu lieu le 22 juin,
avait donné le ton. Les 78 cadres du parti dirigés par le
quatuor Thami Khyari, Mohamed Moucharik, Omar Hassani et Mohamed Talbi,
ont émis l'idée de créer leur propre parti devant porter
la dénomination: Front des Forces démocratiques (FFD).
Concertation
Une décision qui vient confirmer les rumeurs ayant circulé
depuis le dernier congrès du PPS (Parti du progrès et du socialisme)
tenu en juillet 95, sur les intentions affichées de Thami Khyari.
Ce dernier a, maintes fois, critiqué la passivité constatée
au sein du PPS vis à vis des grandes mutations idéologiques
qu'a connues le monde et ses positions à l'égard des grands
rendez-vous politiques du Maroc.
Allant même jusqu'à faire porter la responsabilité de
"l'échec du PPS" dans les dernières élections
communales à l'aspect sclérosé du parti et au comportement
impartiale du leader, Ali Yata.
Une attitude et une vision des choses que ne partagent par les tenants de
l'autre courant d'idées au sein du bureau politique ou du comité
central du parti, tels Simon Levy, Khalid Naciri et Moulay Ismail Alaoui
en l'occurrence.
La décision, longuement cogitée d'ailleurs, prise par le tandem
Thami Khyari et Mohamed Moucharik, de créer leur propre parti, si
elle s'inscrit, selon ce dernier, dans la continuité des mutations
qu'a connues le PPS depuis sa création, elle est également
l'aboutissement logique d'une stratégie bien élaborée
par Thami Khiary.
Opportunisme
Ce dernier, tout en manuvrant au sein du bureau politique du PPS pour se
garantir une sortie honorable, préparait la création de son
propre parti, qu'il a annoncée le 22 juin dernier.
Le lancement du journal &laqno;Al Mounâtaf», dont M. Khyari
est le directeur de publication, était l'amorce d'un processus qui
allait déboucher sur la création du FFD.
Thami Khyari dans l'éditorial du dernier numéro de son journal
écrit que &laqno;Le projet de création du Front des Forces
démocratiques a nécessité des années de discussion
et de réflexion».
Le choix de la date du 22 juin pour annoncer la création du nouveau
parti n'est certainement pas gratuit. Les élections législatives
étant imminentes et la page du PPS définitivement tournée,
le nouveau parti va focaliser l'attention des électeurs et procéder
à un travail de récupération notamment des déçus
parmi eux.
Le FFD se déclare &laqno;parti progressiste démocratique de
gauche» qui vise à réconcilier les citoyens avec la
politique &laqno;en leur offrant un cadre progressiste, de gauche moderne
et ouvert».
En optant pour le 27 juillet comme date de la tenue de leur congrès
constitutif, les cadres du Front des Forces démocratiques ont voulu
donner la priorité au dialogue et à la concertation.
Durant ces trois semaines, des débats seront ouverts entre les tranches
sociales composant le parti et ce, afin d'instaurer des habitudes de communication
et de &laqno;favoriser l'implication de tous les membres de façon
créative et responsable».
Ainsi, Selon Thami Khyari, &laqno;le FFD est un projet qui vise à
instaurer une rupture avec les formes et les versions de l'organisation
partisane qui sont dépassées par la réalité
sociale. Une rupture aussi avec le Parti-Zaouia».
Côté PPS, la réunion du comité central programmée,
dimanche dernier en même temps que celle du FFD afin de compter les
fidèles de chaque parti, de procéder à l'évaluation
des résultats des élections communales et à l'examen
des questions d'organisation.
Rude épreuve
Il a également été question du départ du groupe
de Thami Khyari et de la démission de Ali Yata. Laquelle a été
rejetée afin de permettre la préparation des futures échéances
électorales dans de bonnes conditions.
Les 76 membres du comité central du PPS présents lors de cette
réunion ont évité d'émettre des remarques sur
la défection estimant que &laqno;Les partants sont libres de faire
leur choix».
Une manière aussi pour le PPS de dire qu'une page est désormais
tournée. En entérinant la scission, les partisans d'Ali Yata
entame une nouvelle ère qui sera, pour quelque temps, marquée
par les conséquences d'une telle défection.
Les élections législatives approchant, les dirigeants du FFD
seront, de leur côté, mis à rude épreuve. Des
décisions importantes devront alors être prises et des réponses
claires sont à donner.
Le FFD va-t-il participer ou non aux élections législatives?
Seuls les semaines et mois à venir pourront nous donner des réponses.
Lesquelles vont désormais décider de l'avenir de ce nouveau
parti et de sa capacité à composer avec les différentes
sensibilités politiques existantes.