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5ème sommet Afrique-Europe à Abidjan, Le Maroc dans toute sa splendeur

Mohamed Selhami

Le monde s’éveille à l’Afrique, après l’avoir longtemps traitée par la marge et d’en haut.

L’Afrique ne fait pas l’actualité que par les embarcations d’infortune d’immigration illégale qui coulent dans une Méditerranée devenue cimetière maritime. Elle est aussi sur un agenda international où l’on parle développement socio-économique et rapport revu et corrigé, actualisé, à l’Europe. C’est effectivement l’objet de ce 5ème sommet Union africaine-Union européenne, qui s’est tenu les 29 et 30 novembre 2017, à Abidjan.

Le Maroc y était déjà. S.M. le Roi est effectivement arrivé dans la capitale ivoirienne le dimanche 26 novembre, où il s’est rendu compte de l’avancement des travaux de projets maroco-ivoiriens d’envergure, en cours de réalisation. Le Souverain a également visité des établissements de formation professionnelle pilotés par le Maroc et dédiés aux jeunes Ivoiriens. Une activité royale qui arrive comme un avant-goût de l’ordre du jour de ce sommet. Un sommet axé sur la réalité des jeunes et les réponses possibles à leurs exigences.

Aux 83 chefs d’État et de gouvernement d’Europe et d’Afrique, conviés à plancher sur le sujet, S.M. le Roi semble leur dire, les jeunes Africains, vous en parlez; moi, je leur donne des perspectives réelles d’emploi et d’insertion sociale. Expérience en a été faite avec le mouvement migratoire Sud-Nord et ses drames pratiquement au quotidien.

Le Maroc, porte d’accès à l’Europe, propose un mode de traitement autre qu’une plongée mortifère en Méditerranée: Une offre de régulation de la présence sur le territoire national et d’une chance d’insertion par le travail.

Il n’est pas nécessaire que le travail en question soit au Maroc, même si ce pays de transit est volontairement devenu un pays d’installation, sur la durée. Le mieux serait de redonner espoir à ces jeunes dans leurs pays dont ils auront ainsi participé au développement et à la capacité de fixation des populations. C’est exactement dans cet esprit que s’inscrit tout le processus d’engagement du Maroc en Afrique.

On est à des années-lumière des conditions d’accueil des migrants de passage en Libye, où ils sont littéralement marchandisés pour être vendus comme esclaves. Plus qu’une ignominie innommable, un crime contre l’humanité. Par ailleurs, on n’est pas loin du comportement d’un pays voisin, l’Algérie, pour ne pas la nommer, qui jette dans le désert ou à proximité des frontières marocaines des migrants, syriens en l’occurrence, qui cherchent refuge loin des massacres des populations civiles dans leurs pays.

Le monde s’éveille à l’Afrique, après l’avoir longtemps traitée par la marge et d’en haut. Plus qu’auparavant, alors qu’elle a longtemps été livrée à ses guerres et à ses misères, l’Afrique intéresse. Avec ses richesses naturelles et ses perspectives de développement, le continent africain apparaît même comme le sauveur potentiel des économies des grandes puissances d’Europe et d’Asie.

Certes, l’Afrique d’aujourd’hui est ouverte sur le monde, mais uniquement à partir d’un échange d’égal à égal. Pour être dans ces paramètres légitimes, le Maroc n’a pas attendu ce 5ème sommet, du reste bienvenu.

Au rythme des nombreux périples de S.M. le Roi en Afrique, les dizaines de conventions passées avec les pays visités, à caractère économique, social, religieux ou culturel, participent de ce principe. Ce sont des accords gagnant-gagnant, même si la formule a été quelque peu galvaudée, où les intérêts mutuels bien compris, ainsi que les spécificités sociologiques, ont été méticuleusement observés et respectés. C’est en gros l’Afrique qui parle à l’Afrique. Ce n’est donc pas un hasard si le Maroc se trouve engagé dans tous les sujets inscrits à l’ordre du jour de ce sommet. On y trouve, en plus des relations commerciales et de la question migratoire, la lutte contre le radicalisme religieux et le terrorisme.

Pour preuve, cette déclaration du président français, Emmanuel Macron, qui, appelant à lutter contre l’extrémisme religieux, a dit: «Je veux ici rendre hommage au Roi du Maroc pour avoir toujours su trouver les mots qu’il faut, compte tenu du rôle éminent qui est le sien».

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