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Un 1er Mai sous un ciel chargé

Rien ne semble pouvoir arranger les rapports gouvernement-syndicats

Le gouvernement El Othmani n’a pas fait mieux que celui de Abdelilah Benkirane. Cette continuité négative a été sèchement relevée par Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, à l’ouverture du défilé du 1er Mai.

La fête du travail, version 2018, avec un goût amer. Les revendications matérielles et les dénonciations d’atteinte au droit syndical ont pris le dessus. Jusqu’ici, rien d’anormal. C’est l’objet même de cette célébration annuelle et mondiale où les travailleurs et l’ensemble des salariés expriment leurs doléances revendicatives et la protection de leurs droits syndicaux.

Les deux législatures de suite ont cependant une caractéristique qui les distingue un peu plus qu’un long fleuve jamais tranquille entre gouvernement et syndicats. Ce sont les partis de l’ancienne opposition, prenant appui sur un levier islamiste affiché et assumé, qui ont en charge la plus haute fonction publique. Le mouvement syndical pouvait raisonnablement s’attendre à une amélioration des conditions de travail et de vie des salariés sur toute la pluralité de la pyramide socio-économique. Les écarts entre le haut et le bas de cette échelle de graduation ne se révéleront qu’un peu plus monstrueux et inacceptables. Les discours les plus officiels se prennent parfois à confirmer cette réalité. Les espoirs fondés sur les nouveaux dépositaires de la chose publique sont déçus. Le gouvernement El Othmani n’a pas fait mieux que celui de Abdelilah Benkirane.

Cette continuité négative a été sèchement relevée par Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, à l’ouverture du défilé du 1er Mai. Il en ressort, dit-il en substance, que ce 1er Mai n’a rien de festif comme il pouvait en avoir sous une autre politique sociale. Un constat tout en amertume qui renvoie à l’échec du dialogue social. Sur plus d’une année, El Othmani et les syndicats ont dialogué plus qu’ils n’ont négocié. L’offre du gouvernement se résume en une poignée de chiffres: 300 Dhs d’augmentation étalée sur 3 ans pour les agents de la fonction publique classés de 1 à 5 échelons de l’échelle 10. Une mesure tellement chétive qu’elle a fait rire jaune dans les milieux syndicaux. Surtout, lorsque cette augmentation a été pesée à l’aune de l’impact de cette décision sur la masse salariale et sur le budget global de l’Etat.

Les sacro-saints macroéconomiques constituent la ligne rouge des dépenses publiques à ne pas transgresser. Au delà, les clignotants du FMI se mettent en rouge. Quant aux syndicats, ils proposent une augmentation uniforme de 400 Dhs pour l’ensemble des salariés. Bien que les salaires soient les premiers indices de la situation matérielle des salariés, ils restent un indicateur évaluatif de toute condition sociale. La toute dernière réglementation du droit de grève n’a pas été pour arranger les rapports gouvernement-syndicats. Elle a été perçue comme une annihilation de ce droit fondamental sans lequel il n’y a pas de liberté syndicale; d’autant plus qu’il fait partie des éléments constitutifs des droits de l’Homme; tels le droit de manifester pacifiquement pour ou contre une mesure professionnelle, économique, sociale ou culturelle.

Ceci pour dire que le 1er Mai 2018 s’est déroulé sous un ciel chargé. Il annonce un peu plus de crispation sociale que par le passé et le présent.

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